Un air de rentrée
Depuis quelques jours la météo nous rappelle que le temps de la rentrée est proche. La grisaille et la fraîcheur du petit matin nous fouettent et nous font quitter la quiétude des journées ensoleillées de l'été.
Cette période particulière, souvent grise et fraîche, qui précède les jours de la rentrée, a toujours été pour moi comme un sas de sortie et d'entrée vers autre chose.
Et puis souvent, après la rentrée, nous avons la chance de vivre un été indien qui nous conduit vers les vacances de la Toussaint.
Grisaille et fraîcheur, clarté et douceur du soleil d'automne, sont pour moi des moments de reprendre conscience du rythme de la vie et de l'importance de chacun de ces moments. Ils me rappellent aussi l'importance du rythme dans ma vie de chrétien ; rythme entre temps d'intériorité et d'ouverture aux autres ; rythme de mise en œuvre de projets multiples et de prise de recul pour se ressourcer ; rythme entre temps de silence où l'on cherche sa voie et temps de certitude où l'on donne le meilleur de soi-même.
Entre temps de fragilité et temps de force ; temps de repli et temps d'ouverture ; temps de ressourcement et temps du don ; il y a pourtant un point commun et essentiel : la grâce de Dieu ; la certitude que Dieu nous aime et que chaque temps est accompagné de sa présence. C'est ce qui fait de chaque temps, un temps si précieux, un temps si important à vivre !
Je vous souhaite de pouvoir vivre ce temps de rentrée, que ce soit sous la grisaille ou la douceur des rayons du soleil d'automne, comme un temps de grâce, un temps où vous redécouvrez de façon neuve, la présence aimante de Dieu à vos côtés !
Très bonne rentrée à chacune et chacun !
Que Dieu vous garde et vous bénisse
Comme des lézards au soleil...
Le temps estival a toujours été pour moi synonyme de douceur et de joie de vivre ; un sas entre ce qui a été et ce qui m'attend à la rentrée ; autrement dit, un temps de grâce.
Je n'aime pas précipiter le temps de l'été mais le vivre au rythme du lézard qui se réchauffe au soleil tout en restant éveillé et attentif à ce qui l'entoure.
Ce soleil, c'est pour moi, Dieu et sa parole ; en été, plus que durant tout le reste de l'année, je goûte au bonheur de me laisser renouveler par la Parole de Dieu, de vivre un temps de culte où je reçois au lieu de toujours donner, de faire ce que je ne peux pas ou que je ne m'autorise pas le reste du temps.
Dieu nous invite au repos, à nous faire du bien, à prendre soin de notre être intérieur, à prendre le temps de la communion avec lui et à goûter au bonheur d'une vraie communion fraternelle. C'est tout cela qu'induit le sabbat, le jour du repos.
Puissions-nous être comme des lézards qui se prennent le temps de réchauffer leur être intérieur, qui emmagasine un maximum de chaleur sous les rayons du soleil divin et qui en même temps restent attentifs à ceux qui les entourent, aux événements de la vie autour d'eux.
Que la douceur de l'amour de Dieu vous régénère et vous remplisse de paix et d'amour fraternel !
Bon été
Pentecôte la fête du dialogue retrouvé
Autant Pâques était la fête de la rencontre fraternelle toujours possible avec autrui, malgré la trahison, le reniement, la mort relationnelle et la froide rupture du tombeau, autant Pentecôte est la fête du dialogue retrouvé, du dialogue toujours à nouveau possible, du dialogue toujours offert, par la force de l’Esprit en nos vies, aussi avec ceux qui nous sont devenus étrangers voire hostiles, aussi avec ceux qui nous inspirent crainte et antipathie.
Pâques et Pentecôte sont les deux fêtes qui fondent notre foi et notre vie de chrétien sur l’amour fraternel et la Parole, sur la rencontre et le dialogue.
Elles nous encouragent à ne jamais renoncer à l’amour, ni au dialogue, en dépit des revers et des échecs, malgré nos peurs et nos fragilités…
Cette fête, cette Pentecôte, comme Pâques peut arriver à chaque instant… et à chaque endroit. Dans notre vie, dans nos relations à autrui, si nous acceptons humblement de nous laisser inspirer par l’Esprit d’amour du Christ. Car l’Esprit souffle où il veut. La question est simplement de savoir, si nous le voulons aussi.
Ressusciter
Dans l’Evangile de Jean ou la lettre de Paul aux Corinthiens, nous lisons plusieurs conceptions de la résurrection ou de nos résurrections. Promesse pour l’au-delà de la vie mais aussi cheminement de confiance au côté de celui que Dieu a déjà ressuscité.
Dans l’Evangile de Jean (Jean 11, 25-26), lorsque Jésus parle de résurrection, il ne parle pas d’un au-delà de la vie, d’une vie future après le Jugement dernier, mais dit simplement : « Je suis, moi, la résurrection et la vie ». Jean nous apprend que la foi en Christ ne se construit pas autour d’une espérance en une vie future, après la mort, mais à partir d’une vie éternelle offerte dans l’ici et maintenant de notre rencontre avec Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant.
Ainsi, soit nous vivons pleinement dès aujourd’hui cette vie éternelle en Christ, par notre foi en lui, soit nous n’en vivrons jamais !
Il y a d’autres résurrections que cette résurrection finale dont témoigne Marthe (Jean 11, 24). Au-delà de ce que nous savons ou croyons sur la résurrection, n’avons - nous pas déjà été relevés de nos tombeaux affectifs, professionnels ou spirituels ? Et lorsque nous sommes pardonnés, aimés, ou que nous acceptons d’être pardonnés, aimés, ne sommes-nous pas là aussi concrètement ressuscités ?
Car la résurrection, n’est - elle pas d’abord une puissance de vie jaillissant d’un simple sourire, du pardon donné ou reçu, de tous ces moments où l’amour est plus fort que la mort, que nos petites morts à nous-mêmes et aux désirs de ce monde ?
La résurrection n’est donc pas seulement à venir, mais déjà à vivre. Elle est la présence vivante de Dieu au milieu des hommes et non un souvenir à entretenir pieusement une fois l’an, à Pâques.
L’apôtre Paul, face aux questions des chrétiens de Corinthe sur la résurrection des morts (1 Corinthiens 15), réaffirme que le cœur de l’espérance chrétienne est la foi au Christ ressuscité. Cette résurrection, après la croix, marque la victoire finale sur toutes les formes du mal, sur le péché et la mort. Les Evangiles comme les lettres de Paul nous font comprendre que nous n’arriverons à la vraie vie, la vie éternelle en Christ, qu’en mourant sans cesse à nous-mêmes.
C’est seulement en acceptant de mourir avec Christ que nous pourrons ressusciter avec lui : là est le cœur de l’enseignement de la Bonne Nouvelle de Jésus, le cœur du message chrétien à apporter au monde.
Mais si nous ne nous laissons pas habiter par la grâce du Père, l’amour du Fils et la puissance de l’Esprit nous n’entrerons pas dans l’espérance de la résurrection. Notre salut ou celui de notre prochain ne passe pas par la mise en avant d’une éthique, mais par une attitude d’acceptation et d’abandon : j’accepte d’être sauvé, d’être relevé, de m’abandonner au Père pour renaître avec lui, victorieux du péché et de la mort.
Et cette résurrection n’est pas un acquis. Elle est toujours à cueillir au détour d’une rencontre personnelle, comme celle qu’ont vécu les Onze ou les deux disciples d’Emmaüs le jour de Pâques, et Saul/Paul sur le chemin de Damas.
Carême
Nous vous souhaitons d'oser vous prendre le temps de vivre un vrai temps de Carême, fait de silence, de méditation, de retrouvailles et de réconciliation avec vous-mêmes et avec autrui.
Ce temps de Carême est un temps de grâce particulière où nous redécouvrons, comme les disciples d'Emmaüs, la présence aimante et prévenante du Christ à nos côtés.
Souvent nous sommes comme ces disciples à déplorer l'absence du Christ alors qu'il ne demande qu'à nous rencontrer et à entrer en dialogue avec nous.
C'est dans l'écoute de sa parole et surtout dans le partage du pain et du vin qu'ils reconnaissent le Christ mais surtout qu'ils arrivent à se réconcilier avec leur passé et à se remettre en chemin à la rencontre des autres.
Nos veillées de Carême, nos cultes veulent être pour vous ces lieux de rencontre, d'écoute et de partage, ces lieux de réconciliation et d'ouverture au message du Christ.
Que sa parole ravive les braises de notre foi, de notre amour et de notre espérance !
Seigneur, Toi qui sais reconnaître l'aimable en chacun d'entre nous,
toi qui sais voir la lumière au-delà de nos ombres
parce que tu es aimable, parce que tu es lumière,
permets-moi, au cours de ce carême,
de t'offrir le jeûne de tout jugement, de toute critique.
Permets-moi de t'offrir la privation,
l'abandon, le lâcher-prise des idées toutes faites
et de cet incessant désir d'avoir raison.
Permets-moi, Seigneur, d'atteindre
ce calme sommeil de la pensée
où je puisse cheminer vers cette vacuité intérieure
qui laisse en moi toute la place
à ta Présence, à ton Silence.
Toi qui, même si notre cœur
venait à nous condamner,
ne nous condamne pas
parce que tu es plus grand que notre cœur
et connais toute chose...
apprends-moi le jeûne des paroles
qui ne sont pas de bienveillance et de douceur.
Alors, ma bouche sera prête
à célébrer ta louange en toute occasion.
Que votre cœur ne se trouble pas.
Nous nous trouvons sur le seuil de cette année qui s’achève avec ses lots de joies et de tristesses, de déceptions et d’espérance, de craintes et de victoires.
L’année n’a pas été des plus simples ; plongés dans une crise économique et écologique qui ne se cache plus mais qui n’est que la partie émergée de l’iceberg de la déshumanisation de nos relations humaines, d’un égoïsme cruel et criant, et de la crise spirituelle profonde qui ronge l’humain, tant par son athéisme d’une part que par son fanatisme de l’autre, nos sociétés et donc aussi forcément chacune et chacun de nous ne peut être que troublé et inquiet, voire découragé.
Et si nous revenons à un niveau plus proche de notre réalité personnelle et quotidienne, il est fort probable que chacune et chacun de nous est habité par un trouble, une inquiétude, une déception voire un tourment :
- pour l’un, le souci qu’il porte est peut-être sa situation professionnelle ou celle d’un être cher que la crise a mis ou risque de mettre sur le carreau
- pour un autre, l’inquiétude qu’il porte est peut-être sa maladie ou la maladie d’un être cher dont l’issue est incertaine
- pour un autre encore le souci sera peut-être celle d’une relation qui s’est brisée bêtement ou douloureusement et qui le laisse comme amputé d’une partie de lui-même ou habité de regrets.
- Et puis, il y a toutes ces autres causes de tourments, de doute, d’inquiétude, de désespérances qui nous reprennent plus particulièrement lors de ces moments chargés symboliquement que sont les fêtes de fin d’années et plus particulièrement le soir de la Saint Sylvestre, du dernier jour de l’année.
Nous sommes sur le seuil entre ce qui a déjà eu lieu et le pas encore de ce qui adviendra
Nous sommes sur le seuil à mi-chemin entre un « quitter » et une « entrée », entre un lâche prise et une ouverture à oser, à vivre…
Un peu comme les disciples auxquels Jésus adresse les paroles d’adieux dont est tiré le mot d’ordre pour l’année 2010 ; paroles d’adieux qui résonnent à la fois comme un testament et un programme, une bénédiction et une promesse, une consolation et un encouragement.
Jésus-Christ dit : « Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi ». Jean 14,1
Avec ce verset, nous nous trouvons au milieu des paroles d’Adieux de l’évangile de Jean (chap.12 à 17).
Chez les disciples de Jésus, on sent monter une inquiétude croissante, depuis le début de l’évangile jusqu’à ce chapitre 14. Ils ont conscience d’une opposition de plus en plus forte, en raison :
- du refus voire de la haine mortelle de la part des Juifs, du moins de leurs autorités morales et politiques ( 2,18 ; 5,16… 7,47… 8,59…)
- de la démission des disciples les moins motivés (6,66…)
- de l’incrédulité de la famille humaine de Jésus (chapitre 7)
- de l’incrédulité des Juifs de langue grecque, d’abord sympathisants (12,20…)
- de la trahison (6,70…) et du reniement annoncés (13,36-38), dont de très proches disciples vont se rendre coupables
L’étau hostile se resserre de plus en plus, et c'est d’autant plus angoissant que les disciples deviennent de plus en plus perplexes par rapport à l’enseignement même de Jésus :
- son enseignement est difficile à accepter (6,60) ;
- Jésus se qualifie au moyen d’attributs étonnants : il est la Lumière (8,12…), la Vie (11,25…), le Chemin et la Vérité (14,6) ;
- il affirme une mystérieuse mission divine (5,18…) il laisse entendre sa propre préexistence, comparable à celle de Dieu (8,56-58) ;
- il refuse toute autorité qui lui serait conférée par les hommes (6,14-16…)
- ce qu’il enseigne avec insistance semble trop étrange ou trop insignifiant : le passage de la mort à la vie (5,24… 6,35… 11,25…) ; le don de sa propre vie (3,16… 10,11…) ; la nécessité d’un humble service du prochain (13,1-17)…tout cela culminant dans le commandement maintes fois répété de l’amour du prochain (13,34-35 ; et plus loin 15,12 ; 17,17.26…)
Pour nous aussi, la foi peut parfois être problématique !
Qui ne s’est jamais posé la question de savoir à quoi ça sert de croire si de toute façon Dieu ne nous préserve pas du malheur ? des temps de crises, de souffrances, de détresse ?
Qui ne s’est jamais dit que la foi était un luxe pour les temps de bonheur mais que dans le malheur, il ne fallait compter que sur soi-même ?
Qui ne s’est jamais dit que l’enseignement du Christ était à relativiser et qu’il fallait prendre ce qui nous arrange et laisser de côté ce qui nous dérange voire nous irrite, …surtout ses propos sur l’amour, et notamment sur l’amour des ennemis ?
Jésus et surtout son enseignement nous trouble probablement aujourd’hui autant qu’il a troublé ses disciples et peut-être qu’il nous arrive aussi d’être tentés par le reniement, le désir de vivre en « orphelins » plutôt qu’en enfants de Dieu,… puisque « ça ne sert à rien » !
Nous sommes certainement sur la même longueur d’ondes que les disciples de Jésus, plongés selon Jean 14,1, dans une perplexité de plus en plus angoissante lorsque nous comprenons que le chrétien doit abandonner tout rêve de gloire, toute certitude facile ou hautaine ; qu’il doit faire confiance malgré tout et marcher à la suite du Christ sans savoir très exactement vers quoi Jésus conduit !
C’est au cœur même de ce trouble intérieur, de la tentation de tout passer par-dessus bord, que Jésus-Christ dit : « Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi ». Jean 14,1
Le trouble dont il est question ici est celui qui naît de cette évidence que la foi ne préserve ni de la souffrance, ni de la mort ; que la fidélité au Christ ne préserve ni des épreuves, ni du rejet, ni de la solitude.
Le chrétien, pas plus que le Christ lui-même, n’est préservé. Peut-être même que la fidélité au Christ, creuse encore davantage, le lit de la souffrance intérieure, de la détresse et du doute et nous fait dire à certains moments, comme le psalmiste déjà et le Christ lui-même : Mon Dieu, pourquoi ? Pourquoi m’as-tu abandonné ?
Le trouble des disciples était bien celui-là : Comment se fait-il que Jésus qui est Fils de Dieu ne soit pas ce Messie puissant et victorieux qu’ils attendaient ? Comment se fait-il que le monde le rejette et cherche à l’éliminer ? Comment faut-il comprendre le fait que Jésus, devant la perspective de sa propre mort, au lieu de lutter avec la dernière des énergies ou du moins de se mettre prudemment à l’abri, semble baisser les bras, acceptant d’être la victime, l’innocent accusé de crime, le gêneur que sans scrupules, on élimine…
Situation dramatique pour Jésus, situation troublante, bouleversante pour ses disciples. Leur maître est arrêté, jugé sommairement, et il meurt crucifié.
En quoi ce Jésus peut-il nous venir en aide ? //
Et pourtant, lorsque des femmes et des hommes, des gens simples ou considérables, des bien-portants ou des malades, se posaient la question «A quoi bon, vivre ? Quel est le sens de la vie ?», n’est-ce pas auprès de Jésus qu’ils trouvaient les réponses les plus convaincantes, un accueil, une écoute, une guérison, des « paroles de la vie éternelles »…
Troublant ! Déconcertant !
Rien à voir avec l’idée que l’on se fait de Dieu, du Messie, du Fils de Dieu !
Quand on croit le connaître, il nous échappe.
Ce qui nous semble logique, ne l’est pas pour lui !
Es-ce que cela a un sens de le suivre encore et de lui faire confiance ?
Jésus-Christ dit : « Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi ». Jean 14,1
Après l’écroulement de leurs espérances, après la solitude et les larmes, après la crucifixion de Jésus, nous le savons, l’horizon s’est de nouveau éclairé pour les disciples – et cette lumière nouvelle qui s’est levée s’appelle résurrection. Expérience spirituelle inédite, indicible et impossible à transposer telle quelle mais qui nous dit que, quoi qu’il arrive, le Créateur de la Vie et le Christ qui est la Vie, ne nous abandonne pas mais nous sauve de l’absurde, du non sens, de la perdition, de la mort.
La foi nous donne la certitude que quoi qu’il arrive, nous appartenons à Dieu qui est la Vie et l’Amour, et qui donne à notre vie sa qualité et son sens. Cette qualité et ce sens qui se résument en un mot : Amour !
C’est l’amour qui sauve du non sens et de l’absurde !
C’est l’amour qui sauve de la perdition et de la solitude !
C’est l’amour qui sauve de toute forme de mort !
Pouvons-nous le croire ?
Ou sommes-nous troublés ? Insatisfaits ? Découragés ? Déçus parce que nous attendions autre chose ?
Jésus-Christ dit : « Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi ». Jean 14,1
Croire en Dieu ! : la majorité de nos concitoyens garde au moins cette croyance, qui, somme toute n’engage pas à grand chose.
Mais Jésus ajoute et précise : «Croyez aussi en moi !». C'est la foi en Jésus qui semble se perdre aujourd'hui, or c'est justement la foi en Jésus qui est déterminante. La certitude qu’en Jésus, Dieu s'est pleinement révélé. Qu’en Jésus, Dieu lui-même est présent et là maintenant.
Certes, nous voudrions souvent qu’il se manifeste à ses enfants de façon magistrale et convaincante mais Dieu ne se manifeste que dans ses enfants, en nous, dans ce lieu secret de notre cœur qui est à la fois le lieu de notre intelligence et de nos émotions. C’est là, au cœur de notre cœur, dans l’intimité de notre relation à Dieu, dans le silence de la méditation et de la prière que nous pouvons faire l’expérience vivante de la présence de Dieu et découvrir qu’il est là au cœur de notre vie et qu’il nous donne le courage et la force de vivre, d’aller de l’avant et d’affronter aussi les temps d’adversité et de doute, d’épreuve et de souffrance comme le Christ lui-même.
«Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi».
Croire en Dieu, croire au Christ, c’est croire à la Vie ; c’est croire à l’amour. Et croire, c’est vivre de cette Vie ; vivre de cet amour !
Au seuil de cette année qui s’achève et avant d’entrer dans la nouvelle année, posons-nous la question de savoir si nous sommes prêts à continuer à faire confiance, à vivre dans ce cœur à cœur avec Dieu, à vivre aussi le message évangélique avec ceux que nous serons amenés à côtoyer durant l’année 2010.
Toutes les grandes religions ont su dire « Aimez ceux qui vous aiment » ; mais qui a osé ajouter «Aimez vos ennemis…» ou «Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux» ou encore «Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime » ?
Seul cet amour-là peut apporter une solution durable aux contradictions et aux conflits de notre monde ; aux contradictions et aux conflits de notre propre vie et de nos relations aux autres.
A l’exemple de Jésus, nous sommes invités à le mettre en pratique, partout où il nous est donné de vivre et d’agir.
Jésus l’a proclamé, et Jésus l’a vécu. Jusqu’au bout. Jusque dans la vie nouvelle. Jusque dans la vie éternelle.
A nous de faire de même durant toute cette année 2010… et au-delà !
EWM
Le temps de l'Avent, un temps d'espérance
Le temps de l'Avent est un temps à part ; un temps de grâce qui nous est offert ; un temps qui nous invite à venir ou revenir à ce qui est essentiel et ultime : à la Source de l'Amour !
Cet Amour est à l'origine de notre vie ; il en est aussi son accomplissement !
Pourquoi ne le comprenons-nous souvent que lorsque nous en mesurons la perte ? lorsque ce qui nous unissait à autrui est rompu ?
Dieu ne se lasse pas de revenir vers nous, d'ouvrir l'horizon de notre vie aux dimensions de l'Amour, en déchirant le ciel sombre de nos tristesses, de nos doutes et de nos petitesses, au travers de la clarté d'une Parole.
Parole de paix pour les hommes de bonne volonté ; Parole d'Amour qui ne demande qu'à s'incarner dans notre vie ; Parole de Vie qui nous fait entrer dans la Vie.
Ce temps de l'Avent est un temps offert, un temps de grâce qui ouvre à l'espérance : l'Amour n'a pas déserté nos terres humaines ; l'Amour s'offre à nous, fragile mais bien vivant !
A celui qui, comme les bergers, va à la rencontre de l'Amour, un chemin nouveau, un sens nouveau s'offre à sa vie ; une clarté se lève qui illumine, au-delà du chemin, le cœur ; une Présence qui nous fait accéder à la Parole et au partage.
Ce temps de l'Avent est un temps béni, qui nous redit que notre finitude est rencontrée par un Amour infini qui nous porte et nous relève ; qui suscite une espérance et une force de vie, pour chaque jour.
Noël nous redit que cet Amour veut naître en nous et illuminer notre vie d'une clarté divine.
Puissions-nous être la crèche qui l'accueille et qui offre à d'autres la joie de le rencontrer ; de reconnaitre dans cet Amour la Présence de Dieu
EWM
Pour un temps de Fête des Moissons
En ce début d'automne, le soleil réchauffe et illumine agréablement nos journées avant la grisailles de l'hiver. Et déjà la nature se colore de mille feux : rouge, orange, brun mêlé au vert qui nous rappelle les jours d'été.
Il ne s'agit pas seulement de prend le temps d'admirer la beauté du monde qui nous entoure mais aussi de rendre grâce et d'inscrire dans notre mémoire cette chaleur et cette beauté afin de nous en souvenir avec reconnaissance aux jours de froidure et d'obscurité.
La nature et ses bienfaits, son harmonie et sa beauté nous parle de Dieu. Elle est signe, symbole de la bonté de Dieu pour ses créatures.
Nul besoin de grandes sciences et de connaissances pointues pour découvrir l'amour de Dieu et sa sollicitude à l'égard des hommes.
Celui qui comme le psalmiste (Psaume 8) sait prendre le temps d'admirer la nature et de méditer, pourra y reconnaitre les signes de la présence de Dieu. De cette méditation pourra jaillir la joie et la reconnaissance.
Le Soleil n’est qu’un pâle reflet de ta bonté rayonnante. Nous te rendons grâce pour cet astre qui nous réchauffe, qui fait germer et mûrir nos champs de blé.
Ta rosée irrigue la sécheresse de nos terres humaines, et y fait fleurir l’amitié.
Nous te rendons grâce pour la fraîcheur de cette brume vitale qui donne toute sa beauté aux fleurs des champs.
La pluie accueillie avec frémissement par le sol craquelé en temps de sécheresse est un symbole de fête, comme le vin est signe de ton Royaume à venir.
Nous te rendons grâce pour l’eau qui arrose nos champs et les recouvre d’un vert tendre, pâturage féconds où se nourrissent les bêtes des champs, où s’inspirent nos peintres et se ressourcent nos regards pleins de reconnaissance.
Le rythme de la terre, le cycle des saisons, la danse des étoiles, les marée du grand large, tu as tout mis en mouvement afin que coule en nous la Vie.
Louange et gloire à toi, Seigneur
EWM
Tranfigurer le quotidien
Que nous partions au loin ou que nous demeurions chez nous, nous sommes en cette période estivale d'une certaine façon appelés à quitter notre quotidien. A le quitter pour mieux le goûter plus tard, pour mieux l'habiter.
Et si les vacances c'était cela : préparer notre rentrée, transfigurer notre quotidien. Non pas comme un "challenge" de plus mais un peu comme une saine et sainte perte de temps.
Jouer avec nos enfants, leur confier des histoires jusqu'à plus soif. Apprendre à mieux les connaître pour mieux les accompagner dans leurs inévitables (et parfois si destabilisantes) crises de croissance. Les accepter tels qu'ils adviennent et non pas tels que nous désirerions qu'ils soient.
Prendre le temps pour partager avec notre épou(x)se les joies et difficultés de nos chemins reciproques et de celui que nous parcourons ensemble. Prendre le temps de ne rien faire et se ménager des temps à deux pour pouvoir s'entendre. Regarder et faire mémoire d'où l'on vient pour mieux savoir où l'on va.
Etre seul(e) et ne pas en avoir peur pour puisser à la source intérieure. Découvrir "le bruit du silence ténu" au coeur duquel Dieu se dévoile. Se tenir immobile, d'une immobilité attentive, d'une attention qui enfante l'amour...
Ecouter tous ceux que nous n'entendons plus durant toute l'année : celui ou celle -proche ou lointain- qui m'attend et m'espère, mais aussi les échos du monde qui au fil des jours se sont banalisés sur nos petits écrans. Ne pas en faire un idéal abstrait, mais savoir s'engager, quelle que soit la manière.
Essayer - même en balbutiant, même mal -, mais essayer, car à la grâce rien n'est impossible pour peu que le coeur le désire ou seulement désire le désirer, de porter le regard du Christ sur ceux que nous avons tant de mal à aimer dans notre quotidien.
Nous vacances seront alors un temps de gestation vers un enfantement de notre homme intérieur, une mort aussi du vieil homme en nous. Certes nous savons que l'ouvrage sera toujours à remettre mais notre quotidien s'en verra à jamais transfiguré.
EWM
A propos de la guerre israélo-palestinienne
Le conflit israélo-palestinien est maintenant redevenu une guerre dont Gaza et sa population sont les victimes souffrantes. Le monde ne peut garder le silence. Le monde ne peut ignorer le cri du peuple palestinien, et la peur d’Israël. Il est impossible de rester spectateurs, sans agir. Le conflit a une dimension internationale. Toutes les bonnes volontés de tous pays ont le devoir d’interpeller leurs autorités politiques.
Les croyants chrétiens à travers le monde doivent dire aux Palestiniens et aux Israéliens de cesser de croire à la violence pour garantir leur sécurité ou pour obtenir justice. - Vous devez vous rencontrer, vous devez vous parler, vous devez oser une conférence internationale pour construire la paix, et pour vous assurer une sécurité commune. Croyants juifs et musulmans, vous devez affirmer que le pays que l’on appelle Palestine ou Terre d’Israël est la terre de Dieu, comme tout pays dans le monde. Personne ne peut s’attribuer une terre pour l’accaparer, Il appartient à tous de la gérer à la gloire de Dieu ; ce qui implique justice et paix.
La violence qui habite tout être humain et toute société doit être surmontée. Lui laisser libre cours est une faute. La violence produit des vainqueurs et des vaincus, des oppresseurs et des opprimés. La violence produit des ennemis. La violence n’est pas une voie possible vers la paix. Elle contredit le respect mutuel entre créatures de Dieu, entre êtres humains. Chacun est libre pour être responsable, parce que chacun est acteur de la seule et unique histoire humaine. La violence réunit quelquefois, mais c’est toujours contre un adversaire qui demeure un être humain.
En Israël et en Palestine, ils sont nombreux ceux qui croient qu’une résistance non-violente et qu’une solution non-violente sont le seul et unique chemin pour tous, quel qu’en soit le prix. Les organismes religieux et leurs dirigeants doivent appeler à les écouter, à parler avec eux. Ce sont peut-être des rêveurs et des utopistes. Mais il faut rêver la justice, il faut désirer et vouloir la justice et la paix.
Dans une situation de guerre ou de conflit, le défi à relever est de choisir la non-violence. Les peuples israélien et palestinien seront-ils capables de suivre cette voie ? Ce serait alors la victoire, pour eux et pour le monde entier.
EWM
Le monde en crèche
Recevez le message de Noël de nos présidents d'Eglise
Brrr… La bise de décembre et de janvier n’est pas seule à souffler un vent aigre sur notre hiver 2008-2009. Le mot « crises » s’écrit au pluriel et crisse sous nos pas comme une mauvaise neige menaçant toute saine progression : crise financière, crise du pouvoir d’achat, crise du lien social, crise écologique, démographique, des valeurs, etc. L’avenir du monde, longtemps ouvert à d’incessants progrès glorieux, se trouve menacé aujourd’hui par de sombres nuages, pesant d’ores et déjà sur bien des présents.
Comment fêter Noël de façon insouciante quand on croise à nos portes tant de sans logis ? Quand monte le chômage, quand les guerres de toutes sortes minent ou ravagent ici le Darfour, là le Kivu, là encore l’Irak, l’Afghanistan, Israël et la Palestine ; alors que rôde toujours le spectre du terrorisme ?
Oui, pour nos yeux de cette fin 2008, le monde n’apparaît pas peint en rose.
Mais, deux mille ans plus tôt, quelque part au Proche Orient, en allait-il autrement d’une pauvre crèche ouverte à tous vents ? Ouverte à la réalité tragique de la vie de tant et tant d’hommes et de femmes de par le monde.
Vivre Noël, aujourd’hui comme hier, ce n’est donc pas s’évader hors de cette réalité là, mais l’assumer autant que faire se peut et, au cœur même de ce geste, découvrir le visage porteur d’espérance et de paix de celui qui vient sauver le monde.
En Jésus-Christ, le Très-haut s’est fait Très-bas et c’est le monde entier, avec ses douleurs, mais aussi ses joies et son espérance, qui repose dans la crèche.
Noël, c’est bien autre chose qu’un peu de lumière dans les rues de la ville ou un peu de fête qui part en fumée. Noël c’est une main qui s’ouvre dans la nuit pour rompre le cercle maudit et que cessent les guerres ; c’est un cri qui couvre tous les bruits pour rompre la chaîne des violences ; c’est un appel à la délivrance, une force qui nous est donnée. Cette force se forge au contact de l’enfant de la crèche, permet de voir le monde avec des yeux neufs et d’affronter l’avenir avec un courage renouvelé : ceux d’un Dieu qui a définitivement choisi d’être du côté des humains, selon la justice et la solidarité.
Avec lui, la bise et les vents contraires peuvent souffler, c’est par son amour que nous sommes portés.
Jean-François Collange
Président du Conseil de l’union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine
Geoffroy Goetz,
Président du Conseil synodal de l’Église Protestante réformée d’Alsace et de Lorraine
Le futur comme urgence
Le rêve d’une croissance continue et d’un progrès économique et social constant avait déjà du plomb dans l’aile depuis quelques temps.
Une crise faite pour durer
Dorénavant, avec la crise qui se disait tout d’abord financière et strictement liée aux banques mais qui s’étend en fait à tous les niveaux de l’économie, ce rêve – cette utopie devrait-on dire - devient un vrai cauchemar. Notamment pour tous ceux qui ne font pas partis des puissants et des décideurs,… c’est à dire pour beaucoup d’entre nous, en particulier pour ceux qui, avant, avaient déjà de la peine à s’en sortir. Personne n’est plus à l’abri du chômage et voilà que les vieux spectres se réveillent et inquiètent : de quoi demain sera-t-il fait ?
Pierre Dockès, Professeur à Lyon II et membre du Cercle des Economistes annonce très clairement dans une interview accordée au journal « Le Dauphiné libéré » : « Le chômage dépassera les 10 % en 2009. L'Insee devrait relever très fortement le taux de chômage au troisième trimestre, à environ 7,6% en métropole. D'ici début 2009, on atteindra les 8%. Avant de dépasser les 10% comme au pire des années 1990. Nous sommes sur une pente très négative.
Pourquoi cette recrudescence du chômage ?
Plusieurs raisons se combinent. La défiscalisation des heures sup' a profité aux salariés en poste, et dispensé les employeurs d'embaucher. L'effondrement de l'intérim qui a perdu 35 000 emplois au deuxième trimestre l'illustre bien. Deuxième raison: depuis juin, l'économie est entrée dans une récession et détruit des emplois après en avoir créé 310 000 en 2007. »
A qui la faute ?
En premier lieu, bien sûr, la politique ultra-libérale européenne ratifiée par le traité de Lisbonne et calqué sur la politique ultra-libérale américaine. Nous voyons depuis quelques temps déjà, les dégâts et les misères qu’elle provoque de l’autre côté de l’Atlantique : perte d’emploi, perte de logement, impossibilité de se faire soigner correctement, etc… avec tout ce que cela entraîne inévitablement au niveau familial et humain.
Le traité de Lisbonne, parlons-en un peu : Au nom de la libre concurrence, il interdit toute harmonisation sociale ou fiscale. Il encourage les privatisations. Il déréglemente le travail. Et le corollaire de cette Europe antisociale est le déni de démocratie qui caractérise toutes les étapes de sa construction.
Au niveau national cela a conduit à une politique qui encourage toutes les privatisations, y compris celles des services publics, comme La Poste ou notre système de santé ; une politique qui supprime massivement des postes d’enseignants, fait religion d’affaiblir la Fonction publique, rend inaccessible la retraite à taux plein pour mieux favoriser des systèmes assuranciels privés.
Alors que faire ?
Se lamenter ? Une perte de temps !
Etre fataliste ? Cela n’apporte rien mais fige dans l‘immobilisme ou conduit à la lâcheté
Critiquer ? Non si c’est dans un sens négatif ; mais « oui » si c’est pour interpeller et rappeler aux politiques et aux économistes, aux chefs et aux dirigeants, que la paix sociale, la justice et l’économie ne sont pas qu’une affaire de techniques et de calculs. La vie d’une société ne peut être réduite à des calculs et des techniques. Elle est et doit rester fondée sur des valeurs fondamentales tels que la dignité humaine, le respect de tout homme, la solidarité et l’équité.
On peut résoudre une équation. Pouvons-nous résoudre le problème de la dignité de l’homme ? On peut calculer les dépenses d’un équipement, mais peut-on calculer ce que coûtent l’égalité et le respect de toute personne ? La tentation dans laquelle notre société est entrain de sombrer est de confondre les deux domaines.
Certes, il faut des calculs et des techniques mais cela ne suffit pas à établir une société digne de l’homme. La vie sociale ne se réduit pas à des calculs et des intérêts. Il n’y a pas de société sans générosité. Il n’y a pas de société sans désintéressement.
Avec la crise, ce qui risque de faire défaut à notre propre pays, c’est la générosité qui ouvre à la confiance et à l’espérance. Sans elle, notre société se défera et vivre une défaite cuisante pour le plus grand nombre. Par contre ce qui nous aidera à construire un avenir autre, c’est cet espace du désintéressement, de la générosité et du respect qui nous permet d’accueillir, d’ouvrir, de comprendre et d’élargir notre cœur pour l’autre.
Autrement dit : Notre salut sera collectif ou ne sera pas.
Et pour nous chrétiens qui confessons un Dieu qui en Jésus Christ a rejoint l’humanité dans sa misère, ses joies et ses peines pour lui montrer le chemin qui conduit à la Vie ; nous qui confessons un Dieu qui s’est fait pleinement solidaire du plus petits de nos frères pour lui ouvrir un avenir ; nous qui confessons un Dieu venu dans notre monde pour nous sauver de notre peur de manquer et notre soif du toujours plus, nous avons une responsabilité a assumer au nom de l’Evangile : celle de rappeler qu’il n’y a de vraie politique que celle qui a le souci du respect inconditionnel de l’Homme et qui prend le risque de la générosité et du partage où tous peuvent venir manger à la table et être rassasiés.
Ce n’est qu’à ce prix, que nous pourrons vraiment fêter Noël et nous réjouir de la venue de Dieu parmi nous ; ce Dieu qui en Jésus Christ nous a montré que d’autres modèles de penser et d’agir sont possibles que ceux qui se fondent sur un ultra-libéralisme qui oublie et méprise l’homme.
Ne jamais oublier l’homme ! Le sauver de ses ténèbres ! Lui apporter la lumière qui éclaire le chemin vers une humanité plus vraie et plus solidaire. Voilà le message de Noël !
En ce sens, je vous souhaite de pouvoir vivre un vrai Noël !
Elisabeth Westphal-Muths, pasteur
La fête de la Réforme
Bientôt les vacances de la Toussaint ! Et avec elles, un certain nombre de fêtes !
Nos amis catholiques vont nombreux se retrouver dans les églises pour la fête de tous les saints, la Toussaint. Mélangeant cette date avec celle du lendemain, le 2 novembre, jours des morts, beaucoup de nos contemporains vont se rendre dans les cimetières, pour se souvenir des morts, et remettre un peu d'ordre aux tombes.
Et puis, il y a nous autres, les protestants, qui fêtons, bien discrètement il faut le reconnaître, le jour de la fête de la Réformation. Nous voulons nous rappeler, et rappeler autour de nous, que le 31 octobre 1517, il y a 491 ans, un moine, un certain Martin Luther, est allé placarder sur la porte de l'église du château de Wittenberg une affiche en 95 thèses contre les indulgences. Beaucoup de personnes étaient attendues dans cette église.
Nous voici donc ces jours ci face à deux fêtes de types très différents.
- Voici la fête catholique de la Toussaint. Fête populaire s'il en est. Mais malheureusement, on n'y célèbre pas tant tous les saints, que tous les siens. C'est une fête typiquement familiale. On se retrouve, et on se rend au cimetière pour associer les morts au rassemblement des vivants, on y pleure et on y meurt beaucoup sur les routes en se rendant dans les provinces par un climat pas toujours bon. La boucle est bouclée. Rendez-vous à l'année prochaine.
Il faut d'abord bien expliquer que pour nous autres, protestants, si nous nous souvenons de ceux qui nous ont précédés, si parfois ils sont pour nous des exemples, nous n'avons avec eux aucun autre commerce que le souvenir. Pas de prière vers eux. Pas de prière pour eux. Leur sort actuel ne dépend pas de nous, en aucune manière. Et notre sort actuel ne dépend pas d'eux, en aucune manière, hormis par ce qu'ils nous ont légué. Seuls le souvenir et un certain respect peuvent nous amener dans le cimetière, et à n'importe quelle date. D'ailleurs, pour des protestants chatouilleux, ce serait de préférence n'importe quelle date, mais surtout pas la Toussaint.
Pour nous, Dieu est le dieu des vivants. Notre souci, nos prières doivent être orientées vers les vivants, pour les vivants.
- Mais, nous conservons aussi le souvenir de ceux qui nous ont précédés.
Aujourd'hui, la fête de la Réforme ou de la Réformation est la seule fête protestante, vraiment protestante, uniquement protestante. Nous nous souvenons de Martin Luther et de sa protestation.
En 1517, en Allemagne, un moine nommé Tetzel parcourait le pays pour récolter des fonds pour la basilique Saint-Pierre de Rome. C'est bien, pourquoi pas. Mais, voilà pourquoi Luther n'était pas d'accord : Tetzel, contre l'argent, donnait des indulgences, c'est à dire des petits bouts de salut, des mérites devant Dieu, des bons points pour contrebalancer les péchés, pour effacer quelques années de "purgatoire". On pouvait s'acheter plus qu'une bonne conscience, on pouvait s'acheter son salut.
Voilà ce qui était intolérable à Luther, lui qui venait de comprendre, quelques années auparavant, que le salut que Dieu donne est gratuit, qu'il est une grâce qu'il nous offre, au delà de tout mérite impossible à obtenir, que ce salut est acquis par la foi, uniquement et simplement.
Dès ses origines, la Réforme a puisé son émulation dans une très grande confiance qui lui a fait croire que la proclamation de la Parole était suffisante pour faire naître et nourrir la foi de l’homme. Et que cette foi pouvait être assez vivante pour trouver des expressions neuves et créer des formes toujours mieux adaptées à chaque époque.
«Abram partit sans savoir où il allait». Et Luther partit aussi sans savoir où il allait ! Or, nous vivons à une époque où, justement, l’homme ne sait plus très bien où il va. Il devrait être donc facile, dans nos églises de la Réforme, de reconnaître avec les pères que «nous ne savons pas où nous allons» à condition de savoir que ce n’est pas vers quelque illusoire tour de Babel, seule image de l’unité qu’offre la bible.
Il faudrait savoir qu’aujourd’hui comme hier nous pouvons percevoir l’appel de Dieu à un engagement responsable au nom de Jésus. Que notre réponse sera toujours cette foi confiante qui ne craint pas les risques de l’aventure, que cette foi saura toujours créer les formes d’expression dont elle a besoin.
A l’image du «père des croyants» et des pères de la Réforme, il importe de reconnaître que l’appel de Dieu nous entraîne toujours hors de nos propres sécurités, hors de l’abri d’une institution devenue sa propre finalité, vers cette démarche confiante de la foi. Démarche difficile parfois et souvent ingrate, mais combien respectueuse de l’honneur de Dieu et de la dignité de l’homme.
La fête de la Réformation devient alors une occasion de joie et de reconnaissance, un appel à une prise de conscience: celle que la vie est un don.
Fêter la Réforme, c'est se confier pleinement, non pas une acceptation aveugle d'une doctrine, mais un acte de confiance en Dieu inséparable de la confiance en l'homme.
Appelés par celui qui se tient en avant de nous
Depuis quelques jours, nos enfants ont fait leur rentrée. Les plus grands l'amorceront très prochainement.
L'heure est venue de réajuster notre marche aux rythmes du temps ordinaire après l'assoup(l)issement de l'été !
Au moment où nous entrons à nouveau dans des journées foumillantes d'allées et venues, teintées par moments d'incertitude, de lassitude ou de solitude, il est bon de prendre avec nous un tout petit mot, mais riche d'une immense promesse, cet appel que Pierre a reçu de Jésus lors de sa marche au milieu de vagues. Jésus lui a dit : "Viens !" (Matthieu 14, 29)
Ce "Viens !" contient tout le mystère de notre condition de croyants : ce qui façonne notre être, en effet, c'est l'appel d'un amour qui veut pour nous la vie !
Et celui qui nous appelle se tient en avant de nous, là où nous n'osons pas poser nos pieds, là où nous redoutons d'aller...
Nous avons été créés pour être tournés vers Dieu, vers la Lumière qui nous donne d'y voir clair. Mais si nous relâchons notre vigilance, il arrive qu'au lieu d'être centrés sur Dieu, nous nous retrouvions centrés sur nous-mêmes ! C'est ce que la Bible appelle le péché !
Tant que Pierre est relié à Jésus par la confiance, il marche sur l'eau, mais au moment où il se laisse fasciner par le vent, il coule ! Il perd pied de ne plus voir que ce qui le menace et la peur prend en lui toute la place.
On ne peut rien contre le vent des évènements, on ne peut rien contre la vague des émotions, mais on peut décider de sa posture ! On peut s'essouffler à s'agiter ou on peut se laisser porter en saisissant la main qui se tend à travers la difficulté. On peut persévérer dans le repli sur soi mais on peut aussi en toute humilité entrer dans le cri de Pierre : "Seigneur, sauve-moi !"
On peut choisir entre regarder à soi et regarder à Dieu. Mais dès qu'on s'en remet à plus grand que soi, on cesse d'être seul, d'être à soi-même sa propre référence et on respire déjà beaucoup mieux !
A partir de cet automne, votre paroisse vous offre des temps de rencontre avec Celui qui est plus grand que nous et qui nous adresse cet appel "Viens !"
Des chemins de prière où ensemble nous centrons notre regard sur Dieu, vous offre l'occasion de répondre à l'appel de Celui qui se tient en avant de nous et qui nous invite à le suivre.
Les moments du culte dominical sont autant d'occasions offertes pour nous tourner ensemble vers Celui qui est l'Amour, vers Celui qui nous aime et nous aimante
"Viens !" Que ce petit mot nous trotte dans la tête et allège notre marche en ce temps d'automne.
Besoin de silence...
Besoin de silence…
«Le monde serait beaucoup plus heureux si les humains avaient la même compétence pour se taire que celle qu'ils ont pour parler», Spinoza.
Nous vivons dans un monde bruyant et une société agitée, «stressée».
Les hommes et les femmes d’aujourd’hui, y compris les jeunes et les enfants, ont plus ou moins consciemment besoin de silence et de recueillement.
Le silence s’apprend, comme un art, il faut le choisir et le re-choisir à tout instant, l’apprivoiser.
Le silence ne nous isole pas, mais il nous ouvre, car seul le silence peut donner d’écouter une autre parole.
Il nous ouvre à l’autre, il nous ouvre à Dieu.
Peut-être pourrons-nous profiter de notre temps de vacances pour apprendre ou réapprendre le silence, et à la rentrée, revenir plus disponibles, plus ouverts aux autres et à Dieu.
En ce sens, bonne vacances... ou peut-être plutôt : bon silence !
Vivre
« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? Il n’est pas ici; mais il est ressuscité. » Luc 24, 5-6
La question qui est lancée ici est fracassante. Pourquoi chercher parmi les morts le Vivant ? C’est une interrogation qui scrute le cœur même de notre vie. Pourquoi persistons-nous à chercher le Vivant dans ce qui est mort ? Mais plus encore, où réside la mort dans notre existence ? Qu’est-ce qui génère tant d’inertie dans l’exercice de notre marche terrestre ?
Les morts ne sont pas uniquement ceux et celles qui ont quitté cette terre. Ce qui est mort dans notre vie, c’est aussi ce qui nous retient et nous enchaîne au passé, à la colère, à la culpabilité. Ce sont ces oripeaux qui bloquent la circulation permanente de la Vie en nous et parmi nous.
Le Vivant est ressuscité! N’est-ce pas une réponse qui vient tout changer dans nos façons de croire et d’espérer ? Le Vivant est avec nous et en nous. Pourquoi insister à le chercher dans ce qui est mort. Du bout des lèvres nous disons timidement que le Vivant est ressuscité mais nous n’en sommes pas encore à l’expérience fondamentale de cette résurrection. Par exemple, lorsque le sens même de notre vie semble perdu mais qu’une nouvelle lueur apparaît au bout du tunnel ! Lorsque devant la perte d’un être cher surgit la certitude que tout n’est pas définitivement éteint ! Lorsque l’amour renaît pour faire place à la paix plutôt qu’à la colère et la haine ! Lorsque le pardon renouvelle une vie entière brimée par l’amertume !
Ces quelques exemples révèlent la manifestation d’une résurrection au cœur des pires désolations humaines. C’est ce fameux « déjà là » qui advient pour nous sortir du monde des morts. Morts psychiques, morts morales, morts affectives, morts relationnelles, morts spirituelles. La résurrection du Vivant régénère la vie qui stagnait dans nos nombreux cimetières intérieurs. Le Vivant nous relance vers l’espérance et les fruits de son abondance.
Nous faisons souvent l’expérience d’une nouvelle possibilité lorsque le désespoir nous assaillait. Là où tout semblait perdu, voilà qu’advient l’événement qui nous sauve. À l’instant où nous lâchons prise sur notre propre désir de tout contrôler, une brèche se crée par laquelle le Vivant se manifeste. Cette résurrection nous redonne la force, la patience et la joie de continuer.
N’est-ce pas au moment où les femmes endeuillées se dirigent vers le mort qu’advient l’expérience d’un tombeau vide ! Au moment où les disciples regrettent la mort de leur maître qu’est annoncée la Bonne Nouvelle ! N’est-ce pas ainsi qu’œuvre l’espérance dans notre vie en nous laissant surpris et bouleversés ! Le Vivant agit souvent là où on ne l’attendait plus. Là où la peur et l’abandon nous accablent et là où notre contrôle n’est plus efficace. Là où nous ne sommes plus maîtres de l’orientation de notre vie. Justement là, le Vivant advient.
Du point de vue de nos limites humaines, quoi de plus effrayant qu’un tombeau vide ! Combien de fois avons-nous été paralysés par le vide dans notre existence ! Vide de sens, vide de joie, vide de partage et d’amour, vide de fraternité, vide de solidarité. Ce sont les tombeaux qui morcellent notre existence. Mais ce qui importe aujourd’hui, c’est que le Vivant est plus fort que tous ces vides existentiels, Il est ressuscité et Il nous invite à sortir du monde des morts et de l’angoisse du vide.
Tandis que nous appréhendions de trouver un tombeau avec son gisant, nous voici debout pour marcher avec le Vivant. C’est un changement colossal de perspective. La mort est détrônée et le Vivant règne à jamais. Comment allons-nous partager cette joie de Pâques maintenant que la pierre du tombeau n’est plus là pour nous servir d’obstacle ? La porte est ouverte et nous n’avons qu’à la traverser avec confiance. Nous sommes définitivement sauvés; nous sommes transformés et guéris.
Si le Vivant ne se trouve pas dans un tombeau parce qu’il est ressuscité, comment expliquer l’absence de joie dans notre cœur et sur notre visage ? Pourquoi la tristesse se voit-elle encore au fond de notre regard ? Dans le verset 11 de ce chapitre 24 de l’évangile de Luc qui décrit la réaction des apôtres à l’annonce des femmes, il est dit : « Mais ces propos leur semblèrent du radotage, et ils ne les crurent pas. »
Ne soyons plus de ceux qui doutent, qui ne croient pas à la puissance de Vie manifestée en Jésus Christ, mais osons nous engager sur le chemin de la Vie et ressuscitons avec lui de nos tombeaux
En ce sens je vous souhaite de joyeuses fêtes de Pâques !
Bonne année 2008 !
Bonne année 2008 !
Comme à Jacob en route vers son avenir,
Comme à Josué sur le point d’entrer en terre promise,
Le Seigneur nous dit en ce début d'année nouvelle :
Je suis avec toi, je te protègerai partout où tu iras. (Genèse 28, 15)
Je ne t'abandonnerai pas, je ferai tout ce que je t'ai promis. »
Jamais je ne t'abandonnerai, jamais je ne te laisserai sans secours. (Josué 1, 5)
Parce que je vis, vous vivrez aussi. (Jean 14, 19)
Noël décalé ?
Je vous souhaite une belle fête de Noël, pleine de sens, de simplicité et de profondeur !
Noël est en passe de redevenir la fête païenne qu'elle était avant l'évangélisation de nos régions.
Lorsque à l'école primaire, je demande aux enfants ce qu'est Noël, la réponse n'est plus : "c'est la fête de la naissance de Jésus" mais "c'est la fête du père noël" ou "c'est la fête de Crédit agricole" parce que l'enfant ne connait que la version profane de la fête organisée par le comité d'entreprise.
Il ne s'agit pas de se lamenter de cette perte, mais de se poser la question de ce qui nous fait vivre durant ces fêtes ; ce qui nous réjouit durant ces jours de Noël ; ce qui pour nous est essentiel au soir de Noël.
Notre société de consommation est une réalité qui rattrape aussi les croyants, qui les fait courir, s'agiter, acheter, comme si notre salut se trouvait dans ce trouble et cette frénésie de la consommation.
Et du coup, nous oublions de nous arrêter, de faire silence et d'adorer, comme les bergers, comme les mages ; nous oublions de faire silence et de repasser dans notre coeur, comme Marie, le sens de cette naissance, le sens de notre fête.
Je me suis souvent surprise à courir, à être exténuée durant ce temps de l'avent, par toute la tâche qui m'attendait. Et aujourd'hui, je dis "non" à cette course, à cette agitation, à ce stress de la préparation d'une fête qui mise sur les choses et le paraître.
Je dis "non" à cet artifice du temps de l'avent où l'on cherche à rattraper tout ce qu'on a manqué durant l'année : les visites, les solidarités, etc.
Je dis "non" à cette folie de la consommation qui me fait passer à côté de l'autre, peut-être même le bousculer dans la cohue de la foule.
Mais je dis "oui" à la simplicité, à la disponibilité pour l'autre dans la bonne humeur et la bonté.
Je dis "oui" à un rythme plus recueilli, fait de méditation et de silence, de partage fraternel dans l'attente de ce Noël qui nous redit que Dieu est avec nous et donne sens à notre vie.
Je dis "oui" au partage et à la solidarité vécus dans la simplicité d'une humanité vraie qui ne s'arrête pas après le 25 décembre.
Je dis "oui" à l'amour véritablement vécue et qui sait reconnaitre ses limites et ses failles.
Pour moi, Noël, ce n'est pas qu'un instant. C'est tout les jours que l'amour veut naitre en moi ; c'est tout les jours qu'une Parole de vie veut trouver des oreilles qui entendent ; c'est tout les jours que le partage et le don de soi peuvent (doivent ?) être signe de ma reconnaissance pour l'amour dont Dieu m'aime.
C'est tout les jours que Dieu vient vers nous pour nous annoncer une bonne nouvelle capable de nous remplir de joie ; une bonne nouvelle qui n'attend que d'être annoncée par nous aux autres.
Les bergers - personnages méprisés dont on se méfiait, qu'on moquait et évitait - s'en sont fait les témoins.
Ils s'en sont fait les témoins, parce que ce qu'ils avaient vu et entendu, les avait touché au plus profond d'eux-mêmes et qu'ils avaient compris, qu'ici, dans cette crèche, une espérance formidable, un amour puissant était né qui pouvait changer le cœur des hommes et la face du monde.
Je nous souhaite d'être comme ces bergers : des hommes et des femmes, des jeunes et des enfants convaincus que Noël, la naissance de Jésus est le plus beau cadeau qu'on puisse recevoir, un cadeau qui fonde une espérance nouvelle, un cadeau qui donne sens à la vie et à l'amour, un cadeau qui nous donne des raisons de vivre et d'espérer, de nous mettre en route et d'aller vers les autres pour le leur raconter.
Je nous souhaite qu'à Noël, nous puissions rendre gloire à Dieu et chanter sa louange pour tout ce qu'il a fait, et ensuite repartir, habités de cette joie de Noël qui change la vie, qui change notre regard sur les hommes et sur le monde.
"Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre à ceux que Dieu aime !"
Joyeux Noël !
Retrouver l’esprit d’enfance
Noël est une fête liée aux enfants. On célèbre la venue de Dieu sous la forme de la fragilité du nouveau-né de la crèche… et au centre de cette célébration se tiennent les enfants, avec leurs yeux grand ouverts, pleins d’émerveillement devant le sapin, les lumières, les cadeaux.
Nul doute que l’émerveillement des enfants sera contagieux ! Nous pourrons alors retrouver l’émotion de notre propre enfance, ces sensations et souvenirs liés aux cantiques, aux senteurs, à l’atmosphère d’une fête si pleine de nostalgie.
Il est bon de temps en temps de retrouver ce contact avec « l’enfant » qui vit en nous et que nous enfouissons si souvent sous nos problèmes et notre sérieux d’adultes responsables.
Oui ces émotions, quoi qu’en disent certains esprits grincheux, sont belles et bonnes ! Toutefois, l’esprit d’enfance, selon l’Evangile, n’est pas seulement une bouffée de nostalgie envahissante, mais plutôt une attitude spirituelle qui nous permet de vivre notre relation à Dieu, aux autres et à nous-mêmes, avec le regard confiant que porte l’enfant sur le monde qui l’entoure. Il y a dans la Bible un psaume superbe sur l’esprit d’enfance, le psaume 131, que je vous propose de méditer pour nous préparer aux fêtes de Noël.
"Seigneur, je n'ai pas le cœur fier, ni le regard hautain.
Je ne prends pas un chemin de grandeurs, ni de merveilles qui me dépassent.
Je tiens mon âme égale et silencieuse tel l’enfant comblé contre sa mère.
Tel un petit enfant comblé, mon âme est en moi. »
Ce psaume nous indique que le vrai bonheur ne se trouve pas dans la satisfaction de grandes ambitions, ni dans l’accomplissement de rêves et de performances hors du commun, ni dans le prestige qu’apportent les richesses ou les honneurs, comme on le croit trop souvent aujourd’hui, mais dans l’humble, paisible et confiant abandon à la tendresse divine. Le psalmiste affirme qu’il n’a pas choisi un chemin de grandeurs où s’élever toujours plus. Il ne rêve pas d’un avenir de prestige auquel il sacrifierait sa vie présente, mais il s’accepte avec réalisme dans la vérité de sa condition. Il s’accueille tel qu’il est, avec ses faiblesses et ses limites, parce qu’il sait que c’est ainsi que Dieu l’aime !
L’âme, qui renonce aux voies de prestige et aux prétentions sociales ou spirituelles, est alors égale et silencieuse, totalement apaisée par rapport aux tourments extérieurs et intérieurs. Elle peut simplement recevoir ce que Dieu veut lui donner. Car Dieu ne se conquiert pas, il se donne, il se livre à qui s’ouvre à lui et l’accueille paisiblement.
Et c’est bien le sens profond de l’esprit d’enfance : l’enfant est celui qui ose demander et sait recevoir ! qui n’a pas honte, comme tant d’adultes, de se laisser tout simplement aimer en se blottissant en confiance sur le sein maternel. Mais pour la plupart d’entre nous, il y a une véritable conversion à opérer pour retrouver cette attitude décrispée ! Il faut avoir renoncé à toute suffisance, avoir lutté contre toute prétention de mener sa vie par soi-même, de se construire par ses propres forces pour connaître ce bonheur simple de s’abandonner à la tendresse de Dieu. Jésus d’ailleurs, l’affirme lui-même : «Celui qui n’accepte pas le Royaume de Dieu comme un enfant ne peut y entrer ». Dans la vie évangélique, on ne naît pas enfant, mais on le devient. Et être enfant, ce n’est pas être infantile, mais être pleinement et véritablement adulte. Car nous ne cherchons plus alors désespérément à acquérir par toutes sortes de subterfuges et de ruses une valeur aux yeux d’autrui ou à nos propres yeux, mais nous savons que nous recevons notre identité dernière de la part de Dieu, et que c’est Lui qui nous donne une valeur absolue, celle d’être, quoi qu’il arrive, un enfant de Dieu !
Et si, à l’occasion des fêtes de Noël, nous retrouvions ensemble cet esprit d’enfance ? !
Des lois comme s'il en pleuvait
Alors que je réfléchissais à l’éditorial pour le dernier numéro du bulletin paroissial, j’ai entendu sur France Inter, la chronique de Kathleen Evin « Saute d’humeur » du lundi 15 octobre, qui est une réflexion fort pertinente sur la notion de loi dans notre société, et notamment sur la dérive d’un légalisme « poudre aux yeux ».
Et je n’ai pu m’empêcher de penser au combat que le Christ menait déjà en son temps contre le légalisme des pharisiens qui consistait à charger la barque des petits en leur rendant la vie impossible. Un légalisme fait d’hypocrisie et qui n’aborde pas les vrais problèmes. Un légalisme qui se drape de volontarisme mais qui ne fait rien pour améliorer la condition du plus petit... au contraire
Il faut, aujourd’hui comme hier, des figures christiques qui osent dénoncer avec humour et une subtile ironie les comédies du pouvoir
En guise d’éditorial, je vous invite donc à méditer, savourer ou tout simplement lire cette chronique relative à la récidive…
Du Bellay disait « France, mère des arts, des armes et des lois… »
Que nous reste-t-il aujourd’hui de cette France là ?
Eh bien, surtout des lois, énormément de lois, certaines qualifiées d’usines à gaz, d’autres en contradiction avec des textes existants, et beaucoup carrément demeurés lettre morte en raison de la non-parution de leur décret d’application. Il y en a eu 118 depuis 1981 tout de même !
Et alors que les élus s’apprêtent à voter un 4ème texte en 5 ans sur l’immigration une bien intéressante enquête du monde, datée de samedi dernier, fait le bilan sur la loi sur la récidive adoptée en urgence en août dernier.
Des peines automatiques s’appliquent désormais à la 2ème infraction de même type sans que le juge puisse apprécier la situation
Un gamin de vingt ans arrêté pour la 2ème fois en possession de 2 grammes de cannabis pour sa consommation personnelle s’est vu condamner à la peine planchée de 4 ans !
Un SDF arrêté pour avoir volé un parapluie dans une voiture alors qu’il avait déjà été arrêté pour un précédent larcin a été envoyé en prison pour 2 ans.
Le renforcement des sanctions pénales est, nous dit le garde des sceaux, la réponse qu’attendent les français exaspérés par la délinquance de proximité car il est évident que se faire voler son parapluie surtout un jour de pluie doit contrarier davantage l’électeur que voir 21 dirigeants d’EADS empocher des millions grâce à des informations privilégiées ou bien apprendre qu’un dirigeant patronale peut sortir 20 millions d’euros en liquide pour ses œuvres personnelles, ses bonnes œuvres évidemment !
C’est d’ailleurs pour cela que le gouvernement s’apprête à dépénaliser les abus de biens sociaux commis par les patrons. Ces pratiques commerciales habituelles ne nous touchent pas vraiment. Et en plus, ça encombre bêtement les tribunaux !
Alors que les chiens méchants, ça, ça nous concerne !
3 faits divers horribles surviennent et hop voilà une nouvelle loi sera votée bientôt par le parlement. Aggravation des sanctions pour les chiens mordeurs et les maîtres des sus-dit. Lesquels devront en plus passer une sorte de permis de conduire un chien !
Mieux ! La moindre morsure devra être déclarée en mairie. A ce rythme le mois prochain normalement le gouvernement devrait s’atteler à la répression des griffures de chats.
C’est comme pour l’irruption intempestive de trois idiots éméchés dans le musée d’Orsay fermé comme il se doit pour la nuit. Ils ont poussé une porte qui s’est ouverte.
Ils ont fait pipi partout ce qui est vraiment mal, et abîmé un joli Monet ce qui est inadmissible !
Sitôt sur les lieux du drame, que dit la ministre de la culture ? Que la sécurité du musée est gravement défaillante ?
Eh bien non !
Elle nous promet qu’une prochaine loi renforcera les sanctions pour ceux qui dégradent les tableaux dans les musées et volent des objets dans les églises…
Deux mauvais esprits « ralôteurs » râlent ! Déjà ! Evidemment !
Trop de loi, tue la loi prétendent-il !
D’ailleurs un député UMP souhaite que le parlement simplifie voire supprime à intervalle régulier les textes législatifs inutiles ou dépassés. Il vient d’ailleurs de déposer une proposition de loi en ce sens et le parlement ne devrait pas tarder à la voter.
Nous voilà rassurés !
Le Christ disait en s’adressant aux pharisiens à peu près ceci : la loi a été faite pour l’homme non l’homme pour la loi. Cela signifie que la loi n’est bonne que dès lors qu’elle sert à l’épanouissement de l’homme c’est à dire à le rendre plus juste et plus humain.
Tel devrait être le critère de toute loi.
La loi n’est pas faite pour faire des effets de manche ni pour se cacher derrière elle et faire ce qu’on veut ni pour cacher les passe-droits des plus puissants mais pour permettre à tous et chacun de vivre en homme et en femme debout, responsable, honnête et droit. Sommes-nous en passe de l’oublier ?
C'est la rentrée
Au retour des vacances, j’ai eu plaisir à retrouver la revue Panorama de septembre 2007, dans laquelle Francine Carillo, Pasteur et théologienne à Genève écrit ce texte que je propose à votre lecture en ce début de rentrée.
Puissiez-vous y trouver le même plaisir à lire et méditer ce texte :
Notre marche sur les eaux de l'automne
Et voici venue l'heure de nous réajuster aux rythmes du temps ordinaire après l’assoup(l)issement de l'été! Au moment où nous glissons à nouveau vers des journées fourmillantes d'allées et venues, teintées par moments d'incertitude, de lassitude ou de solitude, comme une marche sur les eaux, il est bon de prendre avec nous un tout petit mot, mais riche d'une immense promesse, cet appel que Pierre a reçu de Jésus au milieu des vagues : « Viens ! » (Mt 14,29). Ce « Viens » contient tout le mystère de notre condition de croyants. Ce qui façonne notre être, en effet, c'est l'appel d'un amour qui veut pour nous la vie ! Nous sommes des « appelés », attendus par Celui qui se tient en avant de nous, là où nous n'osons pas poser les pieds, là où nous redoutons d'aller. Dès lors, un seul impératif nous rencontre : « Accordez votre vie à l'appel que vous avez reçu » (Ep 4,1). Nous avons été créés pour être tournés vers Dieu, vers la Lumière qui nous donne d'y voir clair. Mais si nous relâchons notre vigilance, il arrive qu'au lieu de rester théocentrés, nous nous retrouvions égocentrés ! Ce qu'on appelle le péché, c'est ce gauchissement de l'orientation, ce défaut dans la posture quand nous perdons de vue notre orient (la voix de Dieu qui nous aime et nous aimante) et que nous nous retrouvons du côté sombre de nous-mêmes, celui de la surdité et de l'enfermement sur soi. Tant que Pierre est relié à Jésus par la confiance, il marche sur l'eau, mais au moment où il se laisse fasciner par le vent, il coule! Il perd pied de ne plus voir que ce qui le menace et la peur prend en lui toute la place. Il n'a plus de portance parce qu'il n'entend plus la voix qui le convoque à être au lieu de l'Amour, là où la crainte est défaite. On ne peut rien contre le vent des événements, on ne peut rien contre la vague des émotions, mais on peut décider de sa posture! On peut s'essouffler à s'agiter ou on peut se laisser porter en saisissant la main qui se tend à travers la difficulté. On peut persévérer dans le repli sur soi, mais on peut aussi en toute humilité entrer dans le cri de Pierre : « Seigneur, sauve-moi ! » On peut choisir entre regarder à soi et regarder à Dieu. Mais dès lors qu'on s'en remet à plus grand que soi, on cesse d'être seul, d'être à soi-même sa propre référence et on respire déjà un peu mieux! « Viens! » Que ce tout petit mot nous trotte dans la tête et allège notre marche sur les eaux de l'automne !
Le logement social en Alsace - un sujet d'une brûlante actualité !
Le logement social en Alsace et en particulier à Schweighouse sur Moder
Suite à la plaquette publiée par la CASPE (Commission des affaires sociales politiques et économique) de l’Union des Eglises protestantes d’Alsace et de Lorraine, les conseils presbytéraux ont été invités par le Directoire à étudier cette plaquette avec attention et de proposer des lieux d’information et de parole, d’action et d’engagement au sein des paroisses.
C’est ce que le conseil presbytéral de Schweighouse a fait en proposant 3 soirées d’information et d’échange sur cette question qui soulève souvent sarcasme et mépris, frilosité et passion, peur et refus...!
Pourquoi ?
Parce que nous fonctionnons par clichés.
Parce que nous ne maîtrisons pas la sujet.
Parce que nous avons du mal à accepter la différence
Parce que nous avons besoin de nous rassurer sur nous-même
Parce que nous pensons inconsciemment qu’en nous moquant ou en refusant la réalité de la pauvreté et de la paupérisation du peuple français, nous évitons d’en faire partie
Etc.
Depuis la dernière guerre, nous vivions avec ce mythe d’une croissance économique régulière dont tous pourraient bénéficier. Et c’est qu’il y a 30 ans, la pauvreté, c’était le problème des pays pauvres ou « en voie de développement » comme on disait pudiquement.
On pensait qu’une économie riche devait préserver de la pauvreté. On oubliait juste une chose, à savoir que le progrès économique n’était pas infini et qu’un jour cette illusion d’une croissance régulière dont tous pourraient bénéficier se briserait.
Or aujourd’hui, avec la mutation violente de notre société, sur le plan économique, social etc. la pauvreté est redevenue un problème majeur de notre société.
Après le temps du plein-emploi, des vaches grasses, est venu le temps du chômage, des vaches maigres. Et avec le chômage, on passe vite en période de fin de droit avec tout ce que cela suppose : impayé de loyer qui vous pousse à la rue, pas de logement, pas de travail, pas de travail pas d’argent, divorce qui est toujours un appauvrissement, problèmes de santé, etc.
La pauvreté se développe de nouveau dans nos sociétés dites capitalistes ; une sorte de trou noir dans le modèle social qui est le nôtre.
L’exclusion a changé de visage : elle concerne maintenant des familles, des femmes et des enfants, des travailleurs pauvres (qui ont un salaire mais qui ne leur permet pas d’avoir un logement). Beaucoup de jeunes sont victimes de cette paupérisation, du manque de travail, de la difficulté à se faire embaucher faute d’expérience, etc.
On dit souvent que les pauvres, ce sont ceux qui ne veulent pas travailler. Quel raccourci ! Quel mépris aussi !
On dit souvent que ceux qui vivent dans des logements sociaux sont des cas sociaux. Quel raccourci ! Quel mépris aussi !
Il y en a, c’est vrai, mais ils ne sont pas la majorité, loin de là !
M. Degrémont, président de la Caspe et professeur d’université nous rappelait que le 1er février 1954, lorsque l’Abbé Pierre a lancé son appel, on pouvait penser que la croissance économique pourrait venir à bout de la précarité et de l’exclusion. Or l’Abbé Pierre est mort. Son appel reste malheureusement d’une urgente actualité !
A la précarité, à la pauvreté, il ne suffit pas de donner une réponse humanitaire pendant la période des grands froids. Les Restos du cœur et les tentes de Médecin sans frontière ne sont pas la solution, même s’ils aident un temps les plus démunis.
Pour sortir les plus pauvres et les plus fragiles de notre société de la misère, il faut leur proposer un logement et un programme d’accompagnement et d’insertion. Car lorsqu’on a été mis en marge de la société, il faut être accompagné pour remonter la pente et retrouver sa place.
Aujourd’hui l’accès au logement reste une difficulté majeure à laquelle sont confrontés les plus fragiles, en raison de la pénurie de logement et de la hausse des prix des loyers.
Quelques chiffres
Depuis 30 ans, on a sous-estimé le besoin de logements
Aujourd’hui, 1 ménage sur 6 relève du logement social en France. Aux Pays-Bas, 1sur 3 est concerné.
Plus de 3,5 millions vivent en France sous le seuil de pauvreté
Le taux de chômage est encore de 9,5% de la population active
Selon l’Insee, on compte 3, 4 millions de mal-logés dans notre pays soit près de 5% de la population.
86 000 SDF dont 16 000 enfants en France
Dans le Bas-Rhin, il faudrait plus de 11 000 logement sociaux supplémentaires
En 2005, en Alsace, il y avaient 5 300 logements sociaux.
31% de 40 à 59 ans sont demandeurs de logements sociaux.
Le délais d’attente est environ de 10 mois
65% des ménages demandeurs ont moins du Smig
60% des Français vivent du SMIG
Une étude faite en 2004 par l'Insee a montré qu'en France :
· 3 SDF sur 10 ont un emploi, en général précaire (contrat à durée déterminée, intérim) ; c'est généralement pour eux le coût du logement (en dramatique progression) et l'insuffisance des logements sociaux qui les maintiennent à la rue.
· 4 SDF sur 10 sont inscrits à l'Agence nationale pour l'emploi, et sont donc dans une dynamique de recherche d'emploi.
S'il n'y a pas double appartenance à ces deux catégories (conservation de l'inscription à l'ANPE en même temps que le bénéfice d'un emploi précaire), alors seuls 30 % des SDF en France sont réellement « désocialisés ».
La pauvreté s’étend de plus en plus aux classes moyennes
Les prix des loyers étant de plus en plus cher font que de plus en plus de classes moyennes se tournent vers le logement social.
Que faire ?
A la crise du logement doit succéder une politique du logement. I lest temps de se donner les moyens pour venir en aide aux plus pauvres de nos concitoyens.
Le droit au logement est inscrit dans nos textes fondamentaux.
Que fait-on aujourd’hui de ce droit au logement ?
Il ne suffit pas de l’écrire ou de le dire. Il y a aussi obligation de moyens. Pas seulement de la part des pouvoirs publics.
Chacun a sa part de responsabilité : les pouvoirs publics, certes ,mais aussi les églises, les associations, chacun de nous.
Quelques pistes d’action
La loi de réquisition existe
Il faut créer de nouveaux hébergements durables
Construire des logements sociaux qui permettent vraiment un vivre ensemble et non une ghettoïsation de la population
Il faut réguler le marché, le foncier
Organiser plus clairement le partage des responsabilités.
Les Eglises peuvent accompagner les personnes en difficultés dans les démarches administratives, etc., aider au besoin financier en se portant cautionnaire, etc…, rappeler l’importance du droit à la dignité de l’homme qui suppose aussi un logement digne, réfléchir à des projets concrets et les développer en partenariat avec les collectivités locales, etc.
Lors de la dernière soirée, M. Loesch, Maire de Schweighouse a accepté de témoigner de la situation dans notre commune qui connaît un déficit de logement social. Aujourd’hui, il manque 195 logements sociaux dans la commune, ce qui lui coûte 48 000 euros de pénalité par ans. La commune comporte aussi environ 45 logements privés inoccupés.
Pourquoi ce manque de logement social ?
Une des explications avancées est qu’il y a un manque réel de terrain. Une solution mise en œuvre par la commune est de négocier avec les promoteurs une certain pourcentage de logement social ou « logement aidé » lors de chaque nouvelle construction. Ainsi au bord de la Moder, le promoteur a accepté de fournir 40% de logements aidés. Sur le Site Eisenbruch, 20%. Dans les anciens bâtiments Atal, il est prévu d’aménager les logements sociaux, notamment des logements pour personnes handicapées. Sur le nouveau site de la future gendarmerie, il est prévu de construire 70 logements sociaux en mixité totale.
Avant le logement social, le logement d’urgence
Lorsque la pauvreté est telle qu’il n’est pas possible d’accéder directement au logement social, il y les structures intermédiaires tels que le Home protestant ou l’Etage à Strasbourg. Mais elles sont largement insuffisantes et saturées.
Le Home protestant offre un accueil d’urgence pour les femmes souvent avec enfants. Elles ont quitté le domicile conjugal pour raison de violence et se retrouvent d’une heure à l’autre sans rien. Le home protestant leur offre l’hébergement et un accompagnement par un travailleur social. Souvent, lorsqu’elles ont trouvé un emploi et sont prêtes à entrer dans un logement social, elles ne le peuvent pas par manque de logements sociaux. Elles stagnent alors contre leur gré dans des structures dont elles n’ont plus besoin et empêchent ainsi d’autres à y entrer parce que l’ascenseur résidentiel est en panne.
L’Etage quant à lui, accueil des jeunes de 18 à 25 ans, non bénéficiaires du RMI, souvent en rupture familiale (des jeunes se retrouvent à la rue parce que l’environnement familial a changé : arrivée d’une belle-mère, d’un beau-père avec qui « ça ne passe pas »), sans ressources, sans diplôme et donc en grande difficulté pour trouver un emploi.
A l’Etage ces jeunes trouvent un service social, un service de formation, un service d’animation et de restauration, un service de logement d’urgence (21 logements pour ceux qui se stabilisent au niveau de l’emploi mais ne trouvent pas encore de logement (1 à 2 ans ½ d’attente pour avoir un logement !)
Parfois, il n’y a qu’un problème de logement pour ces jeunes, mais souvent les problèmes sont multiples. Et lorsqu’on est systématiquement dépendant pour tout, on se retrouve dans une situation étriquée qui ne permet pas de construire sa vie.
Quelle est l’aide possible entre 18 et 25 ans ?
- aide à la formation pour accéder au travail. Etre jeune dans le monde du travail est un handicap en soi. Si on est bronzé, c’est encore plus délicat. Mais souvent les stages proposés sont des « stages-parking ». Il est rare d’avoir des suites de parcours. Les jeunes sont souvent de bonne volonté, prêts à faire beaucoup d’efforts pour réussir, mais il manque les emplois à la clé ce qui fait qu’ils n’obtiennent pas de contrat de travail ! De fait, les jeunes sont relégués à la dépendance par rapport à leurs parents s’ils sont encore chez eux, ou d’organisme tels l’Etage lorsqu’ils n’ont plus de liens familiaux.
La réalité, c’est qu’aujourd’hui on ne permet plus aux jeunes de rentrer dans le monde du travail.
L’Etage essaie d’enrayer ce cercle vicieux du : pas de logement – pas de travail
pas de travail – pas de logement
La vraie question est : A quoi former, si de toute façon, il n’y a pas d’aboutissement ?
C’est un réel problème pour beaucoup de nos jeunes aujourd’hui. Et ces jeunes, ce ne sont pas les immigrés ou les « cas sociaux », ce sont nos jeunes dans leur grande majorité.
Quand on est jeune et sans expérience, on est fragile face à un monde qu’on ne connaît pas (celui de l’emploi et de ses règles) et les jeunes prennent en pleine figure cet échec. Les contrats aidés ne sont plus une solution aujourd’hui..
A l’Etage, les jeunes trouvent beaucoup de respect et de dignité. Ce lieu veut permettre aux jeunes de trouver progressivement leur place dans la société (place qu’ils n’auraient jamais dû perdre !) et de reprendre pied.
Au nom du Christ qui a toujours refusé l’exclusion en allant vers les exclus de son temps, qui a redonné une dignité à ceux qu’on méprisait ou ignorait, nous ne pouvons pas régler le problème en disant que de toutes façons « ceux qui veulent travailler trouvent du travail », ou encore que « ceux qui ont besoin de logements sociaux, sont tous des cas », ou que « les pauvres le sont parce qu’ils sont paresseux »
La vraie question qui se pose à nous est : quelle société voulons-nous pour nos enfants ?
et
Que faisons-nous pour un vivre ensemble où chacun trouve sa place ?
Car il ne suffit pas de parler, il est temps de donner corps à nos paroles et dignité à nos semblables.
Quelles sont nos valeurs...
En ce temps d’élection présidentielle et en prolongement à nos soirées sur le logement social ; en ce temps où la véritable question est celle de savoir quelle société nous voulons pour demain ; en ce temps où la véritable question est de savoir si nous voulons construire une société du « vivre ensemble » ou de l’exclusion, de l’individualisme ou de la rencontre de l’autre, de l’égoïsme ou du partage, je propose à votre méditation ce texte écrit par Bernard Rodenstein, Président de l’Association Espoir en décembre 2003.
Aimer, être aimé, ça change tout
Comment faut-il appeler le petit rien, le quelque chose d'impalpable, qui de toute évidence, trace une frontière de plus en plus infranchissable entre les êtres humains ?
Des êtres qui, pourtant, sont rigoureusement identiques dans leur patrimoine génétique.
Identiques aussi dans leurs aspirations à la vie et dans les difficultés qui se dressent sur leur chemin.
D'aucuns, en s'interrogeant devant des errants, des pauvres, des exclus, se disent avoir de la chance, beaucoup de chance. Il leur a été épargné de sombrer dans la déchéance, la misère. D'autres font intervenir la notion du mérite. Chacun, chacune a ce qu'il ou elle mérite.
Seuls s'en sortent bien ceux et celles qui ont le sens du courage, de la volonté et de la persévérance.
La déduction, logique, pour les autres, c'est qu'ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes pour leur malheur.
Voilà, chers amis d'Espoir, des vérités simples, trop simples, auxquelles nous ne pouvons pas souscrire.
La chance ou la malchance, le mérite ou l'absence de mérite sont indiscutablement à mettre dans la balance. Ce sont des éléments qui comptent.
Mais il faut avoir une piètre conscience de soi, une vision très réductrice de la vie, pour s'en tenir à de telles explications.
L'humanité est un vaste tout. Nous nous appartenons les uns aux autres. Plutôt que de justifier ce qui nous divise et qui légitime les inégalités et les injustices, il nous faut exercer le regard grâce auquel nous nous reconnaissons semblables.
Semblables dans nos excès, semblables dans nos égoïsmes, semblables aussi dans notre soif de bonheur et de paix. Un rien nous sépare. C'est notre certitude.
Il suffirait souvent de pas grand-chose pour découvrir des êtres de qualité sous des traces de meurtrissures et de désespoir.
Jeudi Saint, Vendredi Saint, Dimanche de Pâques
Nous entrons aujourd'hui dans ce qu’il est convenu d’appeler le triduum pascal : les trois jours de Pâques : jeudi saint, vendredi saint et Dimanche de Pâques : à eux trois ils récapitulent l’ensemble de la prédication de l’évangile : la souffrance, la mort et la résurrection de Jésus en faveur des humains. Temps où Dieu d’Israël se mêle à l’humanité pour lui permettre de sortir une fois pour toutes du cycle alliance, transgression, punition qui caractérise l’histoire du compagnonnage du Dieu d’Israël avec son peuple depuis les commencements. Ainsi, avec Jésus se termine une ère : la première alliance et en commence une nouvelle : la nouvelle alliance. Cette entrée à laquelle chacun d’entre nous est appelé passe par l’abaissement du service, la souffrance et la mort et ensuite le réveil ou relevailles de cette mort. Comment nous chrétiens visons nous au quotidien cette réalité qui nous fait vivre ? Comment la traduisons nous concrètement dans notre rapport aux autres ? Ce sont ces questions que je voudrais vous laisser pour cette fin de semaine : comment puis-je traduire dans mes paroles, mes gestes, mes décisions que je vis au bénéfice d’un événement qui me dépasse ? Cet événement me dispense de toute justification devant Dieu et devant les hommes, mais dans le même temps il ne justifie pas n’importe lequel de mes comportements. Au moment même où je reçois pleinement le pardon donné une fois pour toutes il m’est demandé de mettre ma vie en accord, une fois pour toutes, avec le commandement d’amour de Dieu et du prochain.
Nous le savons bien, vivre ce triduum pascal, n’est pas affaire de quelques jours dans l’année.
Nos frères juifs entrés eux aussi depuis quelques jours dans la fête de Pessah - la Pâque juive - prennent huit jour pour vivre au présent la libération de l’esclavage.
Pour nous, et l’histoire nous le confirme, c’est toute l’année qu’il nous faut intérioriser ce mouvement de descente et de remonté vers la lumière.
Les premiers chrétiens vivaient Pâques tous les dimanches.... il n’y avait pas pour eux d’autre fête chrétienne. Cependant, dans ces trois jours, il y a un espace un jour - le samedi - pendant lequel il ne se passe rien. C’est normal, me direz vous parce que c’est Shabbat. mais curieusement on n’en parle que très rarement. Ce samedi de silence de Dieu où Jésus est en terre. Le credo chrétien affirme qu’alors il est "descendu au séjour des morts"... certains textes du nouveau testament ajoutent qu’il est allé annoncer l’évangile aux esprits prisonniers... Silence de Dieu, silence des évangiles... ne serait-ce pas là le signe de Jonas dont Jésus dit qu’il sera le seul donné à ceux qui réclament des miracles ? Jonas enfermé dans le double abîme de la mer et du ventre du grand poisson avant d’être vomi sur les lèvres de la mer en une sorte de résurrection ou d’après baptême... Puissions-nous garder le silence devant les errements de l’humanité : guerres toujours recommencées, atteintes de plus en plus irréversibles à l’environnement, utilisation de plus en plus inexorables de ces mêmes humains comme masses de production et de consommation...
Notre silence ici n’est pas un silence complice : il est celui de la maturation intérieure de notre action à venir. Une action où nous regardons toujours les autres comme susceptibles de se relever et non pas comme des être à abattre, comme susceptible d’être à nouveau aimés, et non pas comme devant être exclus. Pâques, c’est l’histoire d’un Dieu qui dit aux humains : voici, je veux vivre avec toi tous les jours quelques soient tes accidents, tes errements et tes fractures. Je t’accompagne dans tes accidents, tes errements et tes fractures pour avec toi en ressortir pour une vie de lumière. Joyeuse Pâques !
Le temps ds voeux...
Le début d’une année nouvelle est toujours l’occasion de formuler des vœux à ceux que l’on aime ou qui, d’une façon ou d’une autre, font partie de notre vie.
Les vœux ne sont parfois que des formules de politesse, des paroles convenues pour ne pas passer pour un malotru.
Parfois ils ressemblent à des vœux pieux (c’est toujours ça, diront certains !)
Il suffit de regarder en arrière et de relire les vœux de l’année d’avant pour s’en rendre compte.
C’est que nous n’avons que peu de prise sur notre vie et sur notre monde !
Nos vœux non exaucés nous rappellent notre fragilité et notre faiblesse de créature.
Nous ne sommes pas Dieu pas plus que nous ne sommes les maîtres de notre vie ou du monde.
Notre vie est comme l’herbe des champs, « Lorsqu’un vent passe su elle, elle n’est plus et le lieux qu’elle habitait ne la reconnaît plus. » Ps 103, 16
Alors, vaut-il mieux s’abstenir de vœux sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir ? Vaut-il mieux se taire ?
Non, car si nous croyons en un Dieu qui crée la vie et combat le chaos par la Parole ; si nous croyons en un Dieu dont la Parole a pris forme humaine pour nous rejoindre au plus près, il nous faut oser une parole qui exprime un vœu pour la vie, une parole qui rejoigne nos contemporains au plus près de leur vie, de leur soucis ; une parole qui aide à combattre le chaos et les ténèbres dans nos vies d’hommes et dans notre monde ; un parole qui ose croire à la victoire de la vie et au triomphe de la lumière.
C’est en ce sens que je formule mes vœux pour chacune et chacun de vous qui me lirez :
Que jamais le chemin sur lequel tu dois marcher ne soit trop pénible !
Que tu saches reconnaître et garder avec reconnaissance dans ton cœur le souvenir de toutes les grâces et des bénédictions reçues !
Que chaque don reçu de Dieu s‘accroisse et qu‘il t‘aide à rendre heureux ceux que tu aimes !
Qu’un amour sincère brille dans tes yeux comme un rayon du soleil qui touche la terre !
Que la puissance de Dieu te soutienne !
Que l’amour de Dieu veille sur toi !
Que tu puisses toujours trouver auprès de Dieu une oreille attentive !
Que la parole de Dieu parle pour toi !
Que la main de Dieu te guide et te protège en toutes circonstances !
Noël a-t-il un sens ?
Voici ce que le rabbin de la communauté juive libérale de Genève, François Garaï, a adressé comme invitation aux chrétiens en 1999 : il les invitait à ne pas perdre le vrai sens de Noël.
Son message est une parole d'amitié, un encouragement à ne pas perdre de vue l'essentiel.
Comme j’aimerais que Noël garde tout son sens pour les chrétiens du monde entier. Comme j’aimerais qu’ils pensent au message que leur propose cet événement, au lieu de songer à leurs vacances ou aux festivités liées à cette période. Cela vous semble paradoxal qu’un rabbin vous le dise. Mais si je le fais, c’est que je crois que chaque spiritualité a ses repères et sa mémoire. Si vous les abandonnez, vous faites fi de votre histoire, vous dénaturez des moments porteurs de sens et d’espérance pour vous et, ce faisant, vous obstruez l’ouverture vers l’avenir. Et vous rendez le dialogue difficile, car ce dialogue a besoin d’identités assumées par les uns et par les autres. Vous êtes chrétiens et je suis juif et si nous voulons parler ensemble, vous devez être totalement chrétiens et moi totalement juif. Si je ne partage pas certains fondements de la théologie chrétienne, je reconnais qu’elle présente pour vous une vision du monde dans laquelle la compassion et l’amour peuvent s’exprimer et être rappelés à votre conscience à l’occasion de tels moments. Ne les galvaudez donc pas. Et si vous ne désirez pas assister au culte ou à la messe de Noël, rappelez-vous l’espérance qui est un des fondements de ce moment, et rappelez-le aux vôtres.
Noël, ce ne sont pas seulement les ripailles et les vacances, c’est aussi une invitation à l’ouverture vers l’autre, le proche comme le lointain, le citoyen comme le réfugié, le fort comme le faible, le riche comme le démuni. Alors de grâce, gardez à ce moment son sens pour vous surtout, et pour nous aussi.
« Nous croyons. Luttons pour des conditions de vie plus dignes »
C’est ainsi que pourrait se résumer la campagne de sensibilisation des paroisses et des paroissiens de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine.
L’événement médiatique « Les enfants de don quichotte » ont mis en exergue de manière cruelle au moment des fêtes la pauvreté d’une frange de la population française fragilisée par la crise économique et les aléas de la vie.
Dans le préambule de leur charte les Enfants de Don Quichotte exprime en peu de mot le cœur du problème que notre société ne veut pas voir.
« CHARTE DU CANAL ST MARTIN POUR L’ACCES DE TOUS A UN LOGEMENT
PREAMBULE
Nous, citoyens et citoyennes, refusons la situation inhumaine que vivent certains d’entre nous, sans domicile fixe. Nous voulons que soit mis fin à ce scandale, à la honte que cela représente pour un pays comme le nôtre.
La Constitution garantit le droit à la dignité, à des moyens convenables d’existence, et nous avons un devoir d’assistance à personne en danger. Nous n’acceptons plus que les plus fragiles ou les plus pauvres soient laissés au bord de la route.
Il faut rompre avec les solutions provisoires, les logiques d’urgence qui aggravent la précarité et condamnent tant de personnes à une souffrance insupportable, et même certaines à une mort prématurée.
Nous demandons à l’Etat de mettre en place dès aujourd’hui une politique ambitieuse garantissant l’accès de tous à un vrai logement, à travers les mesures suivantes. Pour la dignité de tous. »
Quand on sait que le foncier a été multiplié par 7 ces 5 dernières années,
Quand on sait la crise de l’emploi et la difficulté des jeunes de trouver un emploi stable et rémunéré correctement,
Quand on sait que 2 couples sur 3 divorcent en France et que cela fragilise les individus et les appauvrit,
Quand on sait qu’en dessous d’un revenu de 2000 euros il est, à l’heure actuelle, quasi impossible d’avoir un logement en ville,
Quand on sait que plus de 3,5 millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté,
Quand on sait qu’il manque 11 000 logements sociaux supplémentaires, rien que dans le Bas-Rhin,
Alors tout homme et toute femme de bonne volonté peut comprendre l’ampleur et l’horreur du problème du logement en France actuellement.
Pourtant dans la déclaration des droits de l’homme, dans la Constitution française, le logement, l’éducation et la santé sont des droits ! C’est un devoir pour la société ! On semble l’ignorer ou l’oublier !
On stigmatise facilement ceux qui sont mal-logés, ceux qui sont à la rue, ceux qui peinent au quotidien. Et si c’était nous demain ? Et si c’était notre enfant qui demain se trouvait dans cette situation ?
Personne, aujourd’hui, n’est à l’abri de cette descente aux enfers. Et c’est un mythe de croire que seuls les étrangers sont concernés par ce fléau de l’inégalité et de l’injustice sociale.
Aujourd’hui, plutôt que de se voiler la face, les Eglises appellent les paroisses, les croyants à se mobiliser pour réagir à cette injustice et à agir pour remédier ensemble à ce grand fléau social de notre temps.
La première question qui se pose est tout d’abord celle-ci ? Dans notre pays, peut-on encore vivre ensemble ? Quelles valeurs fondent notre société ? L’exclusion ? L’égoïsme ? le « chacun pour soi » ? Le mépris ?
Aime ton prochain comme toi-même ! N’accepte pas pour l’autre, ce que tu n’accepterais pas pour toi ! Ne sois pas hypocrite dans ta foi ! Ne prie pas comme le pharisien qui se vantait devant Dieu de ne pas être aussi minable que le publicain !
C’est tout cela que nous dit l’évangile de Jésus Christ ! Qu’en faisons-nous ?
L’évangile comme le premier testament nous donne comme mission de veiller à ce que le droit soit respecté, de prendre soin des personnes fragilisées, de les reconnaître comme une personne à part entière afin de leur permettre de renaître à nouveau à la vie et à la dignité.
Et l’Eglise nous donne des pistes pour mettre en œuvre cette vocation du chrétien et de la communauté des croyants.
Il ne s’agit pas d’avoir pitié, d’agir de manière condescendante, de donner de l’argent mais déjà de regarder l’autre comme une sœur, un frère en humanité. Accompagner ceux qui ont été fragilisés et malmenés par la vie afin qu’ils puissent reprendre pieds ; encourager et soutenir les municipalités qui sont prêtes à respecter la loi S.R.U qui les oblige à avoir 20% de logements sociaux sur le territoire de leur commune ; aider bénévolement les exclus dans leurs démarches administratives, de recherche d’emploi, etc. Toutes ces pistes de réflexion et d’action et bien d’autres encore se trouvent dans un fascicule produit par la Commission des affaires sociales, politiques et économiques de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine.
Notre paroisse a constitué au sein du conseil presbytéral une commission « logement social » qui proposera au courant des mois à venir des soirées d’information et de débat sur ce sujet.
S’engager pour le respect des droits de chaque individu, c’est s’engager pour la sécurité de chacun
Premièrement, la sécurité grâce à l'accès aux ressources essentielles pour les plus démunis, et,
deuxièmement, la sécurité par le fait d'appartenir et de se sentir intégré à une communauté.
Ces deux thèmes me rappellent les paroles du NOTRE PERE.
«Que ta volonté soit faite sur la terre, comme au ciel»: tu veux que tous, nous soyons l'égal de notre prochain devant tes yeux.
«Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour»: tu ne veux pas nous nourrir sans que nous ayons à lever le petit doigt, mais tu veux que nous soyons participant à ton oeuvre de Père nourricier en respectant notre prochain dans son droit de vivre dignement, en particulier en étant attentif aux plus démunis, en leur offrant la possibilité de se redresser, de se tenir debout.
«Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons...»: ignorer sciemment, ou empêcher volontairement que des personnes défavorisées puissent manger à leur faim et avoir un logement digne, est une offense à leur dignité et à leur droit à la vie.
«Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal»: oui, aide-nous à nous distancer de la tentation du profit et de l'égoïsme qui font tant de mal à notre prochain et à nous mêmes.
Le fait de vouloir appartenir à une communauté commence par le respect de l'autre dans toutes ses dimensions physiques et spirituelles. C'est alors que nous nous sentirons partie prenante, avec le Père, dans l'invite à la dignité qu'il nous propose.
Briser le cercle infernal de la violence
Entre la très caricaturale affaire des dessins de Mohammed, en début d’année, et le terrible affrontement, cet été, entre les chiites radicaux du Hezbollah et l’armée de l’État hébreu, sans oublier les attentats de Bagdad ou de Bombay, 2006 aura réactivé les guerres au nom de Dieu.
Chacun y va de sa lecture des textes sacrés, rejouant ou s’inventant une croisade. Cette escalade des mots et des gestes est d’autant plus inquiétante que les Nations-Unies sont fort dé-munies face à ces nouveaux pyromanes.
Les religions sont-elles vecteur de violence ? Les religions sont-elles de formidables carburants pour ces guerres qui ne disent pas toujours leur nom ?
Il est un fait que les religions, apparaissent aujourd'hui comme cause de conflit et de guerre dans plusieurs parties du monde : il suffit de se souvenir des guerres entre catholiques, musulmans et orthodoxes en Europe de l'Est, entre catholiques et protestants en Irlande, entre juifs et musulmans en Israël, entre l’Occident chrétien et l’Orient musulman...
Mais les religions apparaissent également comme médiatrices dans la résolution des conflits inter-communautaires : par exemple, dans les Conférences Nationales des pays africains, dans la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, dans la fin de la guerre civile au Guatemala, etc.
Les religions semblent effectivement véhiculer les passions les plus guerrières et les actions les plus pacificatrices. Elles sont traversées par l'ambiguïté. Elle délimite l'appartenance communautaire, et de ce fait crée souvent des divisions à l'intérieur même d'une unité nationale, et en même temps elle unifie au-delà des frontières locales et des identités nationales. Elle masque souvent des rivalités qui relèvent de différences culturelles, sociales, économiques, politiques ou autres, et en même temps elle leur sert de moyen d'expression. Quand elle pousse à la violence et à l'affrontement, elle cache souvent d'autres causes de conflit ; et quand elle aide au processus de paix, elle sert plutôt à révéler et à dire ce que dans la logique guerrière ne peut pas être dit. Quand elle est revendiquée comme cause de violence elle intègre et homogénéise toutes les différences identitaires sous l'identité confessionnelle ! Quand elle devient instrument de paix, quand elle rend possible le pardon et la réconciliation, elle désintègre pour unir autrement. La religion 'contient' donc la violence dans les deux sens du terme contenir : elle la recèle et lui fait barrage ; elle la porte et l'arrête ; elle l'enflamme et l'endigue.
Alors n’y a-t-il pas d’autre solution pour l’humanité que d’être éternellement « victime » de cette spirale infernale de la violence ? La violence sur fond religieux est-elle vraiment une fatalité ?
Dans le Sermon sur la Montagne, le Christ dit une parole qui indique un chemin pour sortir de cette spirale : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi, mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père céleste ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. » Mt 6, 14-15
Cette parole du Christ donne sens à l’appel inscrit dans les premières pages de la Bible, que Dieu adresse à l’homme Caïn, symbole du désir homicide qui est en tout homme. Il lui est dit : Le mal est tapi à ta porte. Si tu veux, tu peux le dominer. (Gn 4,7) Tu n’es pas le jouet de la fatalité. Tu peux décider qu’il en soit autrement !
Ce qui brise le cercle fatal de la violence n’est rien d’autre que l’exigence chrétienne du pardon. Pardonner ce n’est pas oublier. Ce n’est pas excuser. C’est manifester un amour plus fort que l’offense. Mais le pardon n’est pas magique. Pour cette raison, la prière enseignée dans le Sermon sur la Montagne dit bien : Père, pardonne nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Mt 6, 12
Non point marchandage, encore moins chantage, mais exigence de réciprocité.
Oui, c’est bien cela : le pardon donné par Dieu exige du croyant qu’il l’accorde à autrui.
Et la règle d’or est bien celle-ci ; "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse". Et son corollaire : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le aussi pour eux ! »
Les croyants juifs, chrétiens, musulmans, tous fils d’Abraham, le comprendront-ils un jour ? Et nous, comprenons-nous l’urgence de cette règle d’or dans nos rapports à autrui ? en particulier à celui qui ne partage pas nos idées, nos habitudes, notre foi ?
E. Westphal-Muths
« Le pardon est un germe de vie planté au cœur d’une forme de mort. ». Simone Pacot
A propos d'offrande et d'autres solidarités...
Le temps est venu de manifester comme chaque année notre générosité et notre solidarité avec notre Eglise.
Au gré de mes lectures, j'ai trouvé ce conte chinois que je propose à votre méditation
« N’attends pas pour être solidaire
que les autres le soient. »
On célébrait une noce. La vie était difficile, mais ils trouvaient que cependant il fallait beaucoup de monde : la joie partagée, pensaient-ils, donne du bonheur partagé.
Il fallait que ce soit la fête pour tout le monde pensaient-ils.
« Alors, pourquoi empêcher que notre joie soit contagieuse ? Il y a déjà si peu de bonnes épidémies parmi les hommes. »
Ils demandèrent donc que chaque invité apportât une bouteille de vin : à l’entrée se trouverait un grand tonneau et chacun y viderait sa bouteille de vin ; ainsi chacun boirait du don de chacun et aurait de la joie.
Quand la fête fut ouverte, les serviteurs se rendirent près du grand tonneau de mélange et y puisèrent de grandes cruches. Leur étonnement fut grand quand ils remarquèrent que c’était de l’eau ! Ils furent comme pétrifiés quand ils se rendirent compte que chacun avait pensé : ‘L’unique bouteille d’eau que j’y ajoute ne se remarquera pas, personne ne la goûtera !’
Maintenant, ils savaient que chacun avait pensé ainsi. Que chacun avait pensé : « laissez-moi donc profiter de ce que les autres ont apporté »
Ce fut une rencontre bien insipide, pas seulement parce qu’il n’y avait que de l’eau à boire !
Et quand, à la lune montante, les joueurs de flûte se turent, chacun s’en retourna chez lui en silence, sachant que la fête n’avait jamais débuté !
Parabole chinoise.
« N’attends pas pour être solidaire
que les autres le soient. »
Message de Pentecôte
L'apôtre Paul écrit : "Il y a diversité de don mais le même Esprit" 1 Corinthiens 12, 4
Savons-nous accepter cela ? Que Dieu nous a créés unique et différents les uns des autres ?
Savons-nous accepter que tous ne savent pas faire, n'aime pas faire ne peuvent pas faire la même chose ? Que la diversité est une nécessité vitale dans notre Eglise, dans la société ? Que la pensée unique tue ?
Pentecôté nous rappelle avec force cette diversité voulue et bénie par Dieu.
Ce qui crée l'unité, ce qui fait lien entre les diverses personnes, c'est l'Esprit saint, si tant et que nous le laissons agir en nous et au milieu de nous. Alors au lieu de juger, critiquer voire mépriser ceux qui ne pensent pas, ne vivent pas et n'agissent pas comme nous, nous devenons capables de rendre grâce à Dieu pour cette diversité qui crée la vie et la richesse de notre communauté.
Puisse cet Esprit de Pentecôte, ce merveilleux don de Dieu promis à ceux qui se reconnaissent en Jésus Christ, nous habiter, nous changer et nous renouveler pour une vraie fraternité qui rende témoignage à l'Evangile et de notre fidélité au Christ.
Pâques
Pâques n’est pas une histoire du passé.
Pâques est une histoire pour les jours d’aujourd’hui.
Pâques est une histoire pour notre actualité !
Pâques signifie passage.
Célébrer la fête de Pâques, c’est être près au passage dans la vie à la suite du Christ.
Célébrer la Pâque, c’est être prêt à quitter nos tombeaux qui nous coupent de Dieu et des autres.
C’est chaque jour que doit s’accomplir notre Pâque.
Notre Pâque, notre Passage à travers la mort se réalise chaque fois que nous acceptons de vaincre la mort du mensonge pour aller vers la vérité ;
Chaque fois que nous sommes prêts à vaincre la mort de nos rancœurs pour aller jusqu’à la réconciliation .
Chaque fois que nous acceptons de vaincre la mort de l’indifférence pour aller jusqu’à la compassion.
Pâques nous appelle à la résurrection !
Pâques nous appelle à ressusciter avec le Christ !
Dès maintenant !
Ressusciter avec le Christ, dès maintenant, c’est accepter de grandir dès maintenant dans la vie selon l’Evangile.
C’est accepter de grandir en amour, en passion, en solidarité avec nos frères. Et ainsi poser des signes d’espérances ; des jalons d’avenir
Méditation devant la croix
Méditation devant la croix
« Cette mort est-elle plus importante que d’autres ? »
Notre pensée tourne autour de cette croix, sans cesse elle y revient et nous nous demandons : pourquoi cette mort est-elle plus importante que la mort de tant d’autres innocents ?
Pourquoi cette souffrance a-t-elle plus de valeur que la souffrance de tant d’autres cloués sur un lit, le dos ravagé d’escarres, torturés au fond d’une cave, humiliés de mendier leur pain, rejetés du monde, transpercés par la faute et l’échec, déchirés par le deuil et la solitude…
En quoi cette souffrance et cette mort étaient-elles différentes de toutes les souffrances et de toutes les morts ?
Des sages ont réfléchi et réfléchissent encore, ils disent là-dessus tant de choses profondes, belles et scandaleuses parfois. Aucune ne répond parfaitement à cette question.
Peut-être aujourd’hui nous suffit-il de croire que, si cet homme était vraiment le Fils de Dieu, il a souffert et il est mort pour aller rejoindre au fond de leur enfer tous ceux qui souffrent d’une souffrance banale et pourtant toujours unique, toujours inexplicable et toujours sans but ?
Cette croix est-elle planté là, comme pour dire : « Vois, je suis ici, je suis avec toi ».
Si cet homme était vraiment le Fils de Dieu, c’est au cœur même des tombeaux, au fond des enfers de souffrance, et non là-haut, loin des hommes, que Dieu se tient et qu’on peut le chercher.
Si cet homme était vraiment le Fils de Dieu, lui seul pouvait descendre dans l’enfer des souffrances et de la mort des hommes pour les y rejoindre et les y accompagner, et pour partager avec eux, derrières la pierre roulée sur leurs espoirs, la force de sa résurrection.
Si cet homme était vraiment le Fils de Dieu, il a souffert et il est mort pour nous rejoindre au fond de nos enfers, nous prendre par la main et nous tirer ver sa vie.
La pensée tourne autour de cette croix et nous ne comprenons jamais tout. Du moins pouvons-nous entendre ceci : « Vois, je suis là, je suis avec toi, et toi, tu sera toujours avec moi. »
Retrouver la source du bonheur
Un jour, un voyageur trouva un aigle royal en train de picorer dans une basse-cour. Intrigué, il s'approcha et demanda au fermier s'il pouvait acheter l'animal. Une fois l'affaire conclue, il repartit avec son aigle à la maison. Il voulut lui redonner le goût de voler. il le lâcha du clocher... d'une colline voisine... mais il n'y avait rien à faire, il retournait toujours à sa basse-cour! Il eut alors l'idée de l'emmener sur une haute montagne et au moment où le soleil se lève, il tourna la tête du rapace vers le disque rouge. L'aigle frémit, se secoua, étendit les ailes et prit son envol. C'était comme si il comprenait qu'il était fait pour le soleil et la liberté. Jamais il ne revint dans la basse-cour".
Chacun de nous possède en lui la source du bonheur: l'amour qui est une étincelle divine. Cet amour revêt des visages différents et la source est quelquefois embourbée. Quel ruisseau doit couler de ma source ? Quel est par-delà mes désirs superficiels le désir dynamisant de mon être? De l'arbre que je suis quelles fleurs, quels fruits vont naître cette année?
Ma vocation est de me développer tel que je suis, de prendre ma place dans le monde, dans l'Église; c'est la voie royale du bonheur.
On cherche quelquefois un programme d'année... que chacun soit fidèle à sa vérité profonde alors par-delà la banalité du quotidien, en prenant un peu de recul, nous retrouverons en nous la source de la lumière pour laquelle comme l'aigle royal nous sommes faits.
Bonne Année ! Bonne santé !
Noël, quelle naissance ?
La naissance d’un enfant est promesse, promesse d’avenir. Elle entraîne les adultes à se tourner vers l’avenir : “Que sera cet enfant ?” Il y a de l’inconnu dans cette question, et pas de réponse.
Il en est de même pour Jésus. Bien sûr, nous croyons tout connaître de ce qui est advenu de lui, il y a deux mille ans. Mais aujourd’hui ? Fêter Noël, c’est fêter notre naissance avec lui. C’est lui faire place à nouveau dans notre vie. Chaque Noël est une nouvelle naissance de “Dieu-avec-nous”, c’est le faire entrer de nouveau dans ma vie.
L’enfant-Jésus n’est pas le magicien qui réglera toutes nos difficultés, il est seulement l’enfant tourné vers l’avenir. L’évangéliste Jean préfère ouvrir son évangile par « la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres n’ont pu l’atteindre », parole de foi, parole d’espérance. Avec vous, je suis appelé à recevoir cette lumière, pour qu’elle éclaire notre vie, qu’elle éclaire notre chemin au milieu des hommes. Donner chaque jour un avenir à l’espérance, espérance de paix, de fraternité, d’amour, pour un monde à faire grandir sous le soleil de Dieu.
Joyeux Noël, dans la foi, l’espérance, l’amour, reçus et à faire grandir
Pardonner... le faut-il ?
Dans nos familles, dans nos lieux de vie et de travail, dans notre paroisse, comment vivons-nous les uns avec les autres ?
Il y a souvent tant de non-dits, tant de mots dits (maudits), tant de maux infligés qui laissent un goût amer des deux côtés. Alors quoi, faut-il pardonner ?
A cette question, la réponse qu'on entend souvent est bien celle-ci : "Il/elle m'a fait mal. Je ne peux pas l'oublier. Je ne peux pas pardonner !"
Pardonner ? On sait combien c'est difficile !
Et pourtant, si je ne pardonne pas, la blessure en moi va-t-elle mieux guérir ? Vais-je ressortir sans cesse ce que j'ai subi, qui m'a fait mal, me fait peut-être encore mal, pour dire : "Jamais je ne lui pardonnerai !Ah ça jamais !"
Il y a deux manières de refuser de pardonner :
chercher à se venger en faisant mal à son tour ou rejeter définitivement la personne en l'excluant de sa vie.
Mais dans les deux cas, notre blessure sera-t-elle apaisée ? Certainement pas. Il suffira que la vie nous replace dans une situation semblable à celle vécue, pour que tout ce passé, toute cette souffrance remonte et nous laisse KO et désemparés ; plus que jamais.
Pardonner... une nécessité pour qui ?
Dans un conflit, il est rare que l'autre soit le seul débiteur.
Si je refuse le pardon à l'autre, n'est-ce pas parfois parce que je veux oublier que j'ai moi aussi, besoin de pardon ; parce que je refuse ma propre remise en question et la prise en compte de ma propre responsabilité ?
Je connais des personnes qui trouvent toujours que les autres ont des problèmes mais qui estiment qu'ils n'ont rien à se reprocher ; qui ne se posent jamais la question de leur propre responsabilité. Est-ce parce que le miroir de leurs propres failles et faiblesses leurs fait peur ? Et que la reconnaissance de leur part de responsabilité est trop douloureuse ?
Rarement, l'autre est seul fautif. Et nous serions probablement surpris, si tous ceux à qui nous avons fait mal un jour venaient nous demander des comptes, nous faire payer pour le mal que nous leur avons fait.
Si de tous ces comptes, il fallait vraiement... "tenir compte", notre vie serait un enfer !
Sans le pardon de l'autre, toute communication serait rompue, sinon impossible. Je ne serais plus moi.
Jésus a lancé un avertissement très dur : si vous ne pardonnez pas, vous srez traités comme l'homme impitoyable de la parabole de l'évangile de Matthieu (chapitre 18),auquel Dieu retire la grâce qu'il lui avait d'abord accordée.
Alors, faut-il pardonner ?
Il s'agit plutôt de devenir capable de le faire :
- en arrêtant de dire : "Je n'ai rien à me reprocher ; je n'ai rien à me faire pardonner"
- en arrêtant de me placer au-dessus de l'autre parce qu'il me devrait quelque chose
- en acceptant de faire un pas vers celui/celle que Jésus appelle "Le frère/la soeur"
Parfois, il faut laisser passer du temps. Le temps qu'il faut pour ne plus souffrir du mal subi ou causé.
C'est en me souvenant que l'amour de Dieu nous fait vivre que je deviens capable de pardonner et... de recevoir le pardon.
Quand à ceux qui n'ont que faire de mon pardon, pourquoi m'échiner à leur courir après ?
A ce moment-là, tournons la page, en acceptant que pardonner ne signifie pas forcément renouer la relation, mais être apaisé, pacifié à l'égard d'autrui.
Voeux 2010
Pour cette année 2010
Nous vous souhaitons de tout coeur
la paix qui vient de notre Seigneur,
une paix qui permet de laisser derrière vous
ce qui fut beau et bon
et ce qui le fut moins,
ce qui a contribué à plus de paix et de fraternité entre les hommes
et ce qui a pu entraver ce beau projet divin,
Nous vous souhaitons la paix du Christ
qui vous encourage à ne pas baisser les bras,
à ne jamais renoncer à l'amour,
à toujours croire et espérer
à toujours vous engager avec passion
pour construire un monde plus fraternel
et plus respectueux de la création
et des créatures bien aimées de Dieu.
Que la paix du Christ
qui est paix que le monde ne peut donner
habite vos pensées
anime vos actes et vos paroles
et vous rende confiant et serein
pour cette nouvelle année 2010,
année de grâce,
parce que accompagnée
de l'amour, de la miséricorde
et de la compassion de Dieu
en qui nous reconnaissons un Père,
du Christ qui est pour nous comme un frère,
de l'Esprit qui est une force d'espérance, de consolation, de liberté et d'amour !
Jésus dit : "Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu et croyez en moi." Jean 14, 1
Vous ne voyez pas l'animation en haut de la page ni le menu animé en-dessous du menu principal de gauche?
Cliquez
ICI
pour voir le site internet dans sa version non animée.
Ou sinon effectuez une mise à jour de votre navigateur.